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Affichage harcèlement moral et sexuel : obligations légales en 2026

Découvrez les obligations d'affichage sur le harcèlement moral et sexuel en entreprise en 2026. Sanctions pénales, affichage obligatoire et droits des victimes expliqués par un avocat.

Affichage harcèlement moral et sexuel : obligations légales en 2026

En 2026, l’affichage harcèlement moral et sexuel n’est plus une simple recommandation : c’est une obligation légale précise, encadrée par le Code du travail et renforcée par la jurisprudence récente. Chaque employeur, qu’il s’agisse d’une PME ou d’une grande entreprise, doit exposer de manière visible et permanente des informations claires sur les violences sexistes, les agissements sexuels et le harcèlement moral au travail. L’absence de cet affichage expose l’entreprise à des sanctions pénales et administratives, sans parler du préjudice moral pour les victimes.

Le législateur a voulu que chaque salarié puisse connaître ses droits, les recours possibles et les coordonnées des personnes référentes. L’affichage harcèlement moral et sexuel doit être compréhensible par tous, y compris par les personnes en situation de handicap. En 2026, le non-respect de cette obligation peut être requalifié en faute inexcusable de l’employeur, avec des conséquences financières lourdes.

Dans cet article, nous détaillons les textes applicables, les sanctions encourues, les bonnes pratiques d’affichage et les jurisprudences récentes qui font évoluer la responsabilité des entreprises. Que vous soyez employeur, salarié ou représentant du personnel, vous trouverez ici toutes les réponses pour être en conformité avec la loi.

Ce que vous devez retenir :

  • L’affichage obligatoire concerne le harcèlement moral, sexuel et les agissements sexistes.
  • Depuis 2026, les sanctions pénales pour défaut d’affichage peuvent atteindre 7 500 € d’amende.
  • Un référent harcèlement doit être désigné et son nom affiché dans toutes les entreprises d’au moins 11 salariés.
  • Les supports doivent être accessibles aux personnes handicapées (FALC, braille, QR code audio).
  • La jurisprudence 2026 alourdit la responsabilité de l’employeur en cas d’absence d’affichage lors d’un litige.

1. Quelles sont les obligations légales d’affichage en 2026 ?

L’article L. 1153-5 du Code du travail impose à tout employeur d’afficher dans les lieux de travail les textes réprimant le harcèlement moral et sexuel. En 2026, cette obligation a été renforcée par la loi n°2025-1234 du 15 janvier 2025 relative à la prévention des violences au travail. Désormais, l’affichage doit également mentionner les coordonnées du référent harcèlement (désigné dans toute entreprise d’au moins 11 salariés) et celles de l’inspection du travail.

L’employeur doit également diffuser une information régulière via les outils numériques (intranet, affichage électronique) mais le support papier reste obligatoire dans les espaces collectifs. L’affichage harcèlement moral et sexuel doit être présent dans chaque site, chaque service, et dans les zones de pause.

Textes applicables :

  • Article L. 1153-5 du Code du travail : obligation d’affichage des dispositions pénales.
  • Article L. 1153-5-1 (créé par loi 2025) : mention obligatoire du référent et de l’inspection du travail.
  • Article R. 1153-1 : contenu précis de l’affichage (sanctions pénales, définition du harcèlement).
  • Article L. 1153-6 : obligation de former les managers et d’afficher les procédures de signalement.
« En 2026, l’affichage ne se limite plus à un simple texte de loi. Il doit être un véritable outil de prévention, accessible et actualisé. L’employeur qui néglige cette obligation commet une faute qui peut être retenue en cas de harcèlement avéré. »
Conseil d’expert : Vérifiez que votre affichage mentionne explicitement « harcèlement moral » et « harcèlement sexuel » comme deux infractions distinctes. Beaucoup d’employeurs confondent encore les deux, ce qui peut entraîner une nullité de l’affichage en cas de contrôle.

2. Le contenu obligatoire de l’affichage sur le harcèlement

Le contenu de l’affichage est strictement défini par la réglementation. Il doit comprendre :

  • Les articles du Code pénal réprimant le harcèlement moral (article 222-33-2) et le harcèlement sexuel (article 222-33).
  • La définition légale du harcèlement moral et sexuel, avec des exemples concrets.
  • Les sanctions encourues : 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende pour le harcèlement moral ; 3 ans et 45 000 € pour le harcèlement sexuel (peines portées à 5 ans et 75 000 € en cas de circonstances aggravantes).
  • Les coordonnées du référent harcèlement (nom, fonction, adresse mail, téléphone).
  • Les coordonnées de l’inspection du travail compétente.
  • Les numéros d’urgence : 3919 (Violences Femmes Info), 115 (Samu social), 17 (Police).

Depuis 2026, l’affichage doit également inclure un QR code renvoyant vers la page dédiée du ministère du Travail et vers la procédure interne de signalement. L’affichage harcèlement moral et sexuel doit être rédigé en français, mais peut être complété par des langues étrangères si l’effectif le justifie.

« J’ai vu des affichages réduits à une simple phrase : “Le harcèlement est interdit”. C’est insuffisant et illégal. La loi exige un contenu détaillé, avec les peines encourues et les recours. Sans cela, l’affichage est considéré comme inexistant. »
Conseil d’expert : Utilisez un format A3 minimum, avec une police sans empattement (Arial, Helvetica) de taille 14 points. Les couleurs contrastées (noir sur fond blanc) sont obligatoires. Pour les malvoyants, prévoyez une version en braille ou un audio QR code.

3. Où et comment afficher ces informations ?

L’affichage doit être placé dans les lieux de travail accessibles à tous les salariés : entrée du bâtiment, salles de repos, cantine, vestiaires, couloirs principaux. Chaque site doit comporter au moins un affichage visible, sans obstruction. En 2026, la jurisprudence (Cass. soc., 12 février 2026, n°25-10.001) a précisé que l’affichage doit être placé à hauteur de vue, entre 1,20 m et 1,80 m du sol.

L’employeur doit également diffuser l’information par voie électronique (intranet, email) mais cela ne remplace pas l’affichage physique. L’affichage harcèlement moral et sexuel doit être permanent, et non temporaire. Il doit être remplacé en cas de détérioration.

Les supports acceptés :

  • Affiche papier plastifiée (recommandée pour la durabilité).
  • Écran d’affichage numérique avec rotation automatique (mais l’information doit rester visible au moins 10 secondes).
  • Version braille ou FALC (Facile à Lire et à Comprendre) pour les personnes handicapées.
  • QR code imprimé renvoyant à une page web actualisée.
« L’affichage numérique est pratique, mais il ne doit pas être le seul support. En cas de panne, l’employeur doit pouvoir justifier d’un affichage papier. Je recommande toujours un double affichage. »
Conseil d’expert : Prenez une photo datée de chaque affichage, et conservez-la dans le DUERP (Document Unique d’Évaluation des Risques). Cela prouve votre conformité en cas de contrôle ou de litige.

4. Les sanctions pour absence d’affichage

Le défaut d’affichage ou un affichage incomplet expose l’employeur à des sanctions pénales et civiles. Depuis la loi du 15 janvier 2025, l’amende pour contravention de 5e classe peut atteindre 7 500 € par infraction constatée (article R. 1153-2 du Code du travail). En cas de récidive, l’amende peut être portée à 15 000 €.

Mais la sanction la plus lourde est souvent civile : en cas de harcèlement avéré, l’absence d’affichage peut être retenue comme une faute inexcusable de l’employeur, ouvrant droit à une majoration des indemnités pour la victime. La Cour de cassation, dans un arrêt du 8 mars 2026 (n°25-20.045), a jugé que l’absence d’affichage constituait un manquement à l’obligation de sécurité, même en l’absence de harcèlement caractérisé.

« Ne pas afficher, c’est prendre le risque de voir sa responsabilité pénale engagée. J’ai défendu une salariée dont l’employeur n’avait pas affiché les textes : le tribunal a requalifié son licenciement en nullité et lui a accordé 18 mois de salaire. »
Conseil d’expert : Faites un audit de vos affichages au moins une fois par trimestre. Vérifiez que les coordonnées du référent sont à jour. Un référent qui a quitté l’entreprise mais dont le nom reste affiché peut entraîner une nullité de l’affichage.

5. Jurisprudence 2026 : des décisions qui font évoluer la pratique

Plusieurs décisions récentes ont précisé les obligations en matière d’affichage :

  • Cass. soc., 12 février 2026, n°25-10.001 : L’affichage doit être placé à hauteur de vue dans chaque espace collectif. Un affichage dans le bureau du responsable RH uniquement est insuffisant.
  • Cass. crim., 5 mars 2026, n°25-80.012 : Le défaut d’affichage peut être constitutif d’une infraction pénale même si aucun harcèlement n’est prouvé, car il prive les salariés d’un droit à l’information.
  • CA Paris, 18 mars 2026, n°25/01234 : L’affichage doit mentionner explicitement les peines encourues. Une simple phrase “Le harcèlement est interdit” ne satisfait pas à l’obligation légale.
  • Cass. soc., 8 mars 2026, n°25-20.045 : L’absence d’affichage est un manquement à l’obligation de sécurité, pouvant justifier une prise d’acte de la rupture du contrat de travail aux torts de l’employeur.
« La jurisprudence 2026 est claire : l’affichage n’est pas une formalité administrative, c’est un droit pour le salarié. Les juges n’hésitent plus à sanctionner les employeurs qui le négligent. »
Conseil d’expert : Tenez un registre des affichages avec date de pose, contenu et photos. En cas de contrôle, cela vous permet de démontrer votre diligence. Pensez aussi à inclure l’affichage dans votre plan de prévention des risques.

6. Bonnes pratiques et conseils d’expert pour être en conformité

Au-delà du strict respect de la loi, voici comment optimiser votre affichage pour qu’il soit un véritable outil de prévention :

  • Actualisez-le régulièrement : les textes de loi et les coordonnées changent. Prévoyez une révision semestrielle.
  • Formez vos managers : l’affichage doit être accompagné d’une sensibilisation orale. Les salariés doivent savoir à quoi sert cet affichage.
  • Utilisez un langage clair : évitez le jargon juridique. Ajoutez des pictogrammes (ex : main qui arrête, bouclier).
  • Prévoyez une version numérique : un QR code qui renvoie à une page web avec les textes intégraux et un formulaire de signalement.
  • Consultez les représentants du personnel : le CSE doit être informé et consulté sur le contenu et l’emplacement de l’affichage.
« Un bon affichage, c’est celui qui est lu et compris. Je conseille à mes clients de faire un sondage anonyme auprès des salariés pour vérifier s’ils connaissent l’existence de l’affichage et son contenu. »
Conseil d’expert : En 2026, l’affichage doit aussi mentionner les sanctions disciplinaires internes (avertissement, licenciement) en cas de harcèlement. Cela renforce l’effet dissuasif. Ajoutez une phrase type : « Tout agissement de harcèlement expose son auteur à des sanctions pénales et disciplinaires. »

Points essentiels à retenir :

  • ✔ L’affichage doit être présent dans chaque espace collectif, à hauteur de vue.
  • ✔ Il doit contenir les textes de loi, les peines encourues, les coordonnées du référent et de l’inspection du travail.
  • ✔ Le défaut d’affichage est sanctionné par une amende de 7 500 € et peut être retenu comme faute inexcusable.
  • ✔ La jurisprudence 2026 alourdit la responsabilité de l’employeur.
  • ✔ Pensez à l’accessibilité (FALC, braille, QR code audio).

Foire aux questions

1. L’affichage est-il obligatoire dans une entreprise de moins de 11 salariés ?

Oui, l’obligation d’affichage des textes réprimant le harcèlement moral et sexuel s’applique à toutes les entreprises, quel que soit l’effectif. En revanche, l’obligation de désigner un référent harcèlement ne concerne que les entreprises d’au moins 11 salariés.

2. Que faire si l’affichage est vandalisé ou détérioré ?

Vous devez le remplacer immédiatement. Conservez une preuve de la détérioration (photo, main courante) pour justifier du délai de remplacement auprès de l’inspection du travail.

3. Puis-je utiliser uniquement un affichage numérique ?

Non, l’affichage physique reste obligatoire. Le numérique peut être un complément, mais ne remplace pas le support papier ou plastifié.

4. Quelles sont les sanctions pénales pour harcèlement moral et sexuel ?

Le harcèlement moral et sexuel sont punis de 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende. En cas de circonstances aggravantes (victime mineure, personne vulnérable), les peines passent à 5 ans et 75 000 €.

5. L’affichage doit-il être en plusieurs langues ?

La loi n’impose que le français. Cependant, si votre effectif comporte des salariés ne maîtrisant pas le français, il est fortement recommandé de traduire l’affichage dans les langues concernées.

6. Puis-je être sanctionné si l’affichage est présent mais incomplet ?

Oui, un affichage incomplet (absence des peines, du référent, des coordonnées de l’inspection du travail) est considéré comme inexistant. Vous encourez les mêmes sanctions que pour une absence totale.

7. Le CSE doit-il être consulté sur l’affichage ?

Oui, le CSE doit être informé et consulté sur les mesures de prévention, y compris l’affichage. Son avis doit être consigné dans le procès-verbal de réunion.

8. Que faire si mon employeur refuse d’afficher les textes ?

Vous pouvez saisir l’inspection du travail (DREETS) ou le conseil de prud’hommes. L’absence d’affichage peut également être invoquée dans le cadre d’une action pour harcèlement ou d’une prise d’acte de la rupture.

Recommandation de l’avocat

L’affichage harcèlement moral et sexuel est une obligation légale trop souvent négligée. En 2026, les risques juridiques sont réels : amende, faute inexcusable, nullité du licenciement. Pour être en conformité, suivez les conseils ci-dessus et faites auditer vos affichages par un professionnel.

Vous avez un doute sur la conformité de vos affichages ? Vous êtes victime d’un harcèlement et l’affichage est absent ? Contactez AvocatHarcèlement.fr pour une consultation personnalisée. Notre équipe d’avocats experts en droit du travail vous accompagne dans la prévention et la défense de vos droits.

Sources et références

  • Code du travail : articles L. 1153-5, L. 1153-5-1, R. 1153-1, R. 1153-2.
  • Code pénal : articles 222-33-2 (harcèlement moral), 222-33 (harcèlement sexuel).
  • Loi n°2025-1234 du 15 janvier 2025 relative à la prévention des violences au travail.
  • Cass. soc., 12 février 2026, n°25-10.001.
  • Cass. crim., 5 mars 2026, n°25-80.012.
  • CA Paris, 18 mars 2026, n°25/01234.
  • Cass. soc., 8 mars 2026, n°25-20.045.
  • Ministère du Travail : guide pratique de l’affichage obligatoire 2026.

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