Ex conjoint harcèlement : comment réagir et porter plainte en 2026
Vous êtes victime de harcèlement de la part de votre ex conjoint ? Découvrez les recours juridiques, les preuves à rassembler et les sanctions pénales prévues par la loi française en 2026.

Le harcèlement exercé par un ex conjoint harcèlement n’est malheureusement pas rare. Après une séparation, certains anciens partenaires continuent d’exercer une pression psychologique, des menaces, des appels incessants, ou une surveillance malveillante. Depuis la réforme de 2024 et la jurisprudence constante de 2025-2026, la loi reconnaît désormais de manière plus large ces violences post-séparation. Ce que vous subissez a un nom – et une sanction pénale.
Que vous soyez victime de messages répétés, de cyberharcèlement, de dénigrement ou de menaces, cet article vous explique comment qualifier les faits, rassembler les preuves, et déposer plainte efficacement en 2026. Vous y trouverez les textes applicables, des conseils d’avocat, et des réponses aux questions essentielles pour vous protéger.
Le harcèlement par ex conjoint est un délit puni jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende. Avec les circonstances aggravantes (comme un ancien conjoint, ou harcèlement via un enfant), les peines peuvent atteindre 5 ans et 75 000 €. Ne restez pas seul·e : agir est un droit.
📌 Points essentiels couverts
- Définition pénale du harcèlement par ex conjoint
- Preuves acceptées (messages, témoignages, certificats)
- Dépôt de plainte simple ou avec constitution de partie civile
- Ordonnance de protection et mesures d’éloignement
- Sanctions aggravées en 2026
- Rôle de l’avocat et accompagnement psychologique
- Jurisprudence récente (2025-2026)
1. Harcèlement par ex conjoint : définition juridique
L’article 222-33-2-2 du Code pénal définit le harcèlement moral comme le fait de harceler autrui par des propos ou comportements répétés ayant pour objet ou effet une dégradation des conditions de vie se traduisant par une altération de la santé physique ou mentale. Lorsque l’auteur est un ex conjoint harcèlement, la loi considère cette qualité comme une circonstance aggravante (même après la séparation).
Le harcèlement post-séparation est trop souvent minimisé. En 2026, les tribunaux retiennent que l’emprise psychologique ne s’arrête pas avec le divorce. Les appels, messages, surveillances, ou même le harcèlement via les enfants sont punis sévèrement.
2. Preuves : comment constituer un dossier solide
Pour qu’une plainte aboutisse, le harcèlement ex conjoint doit être prouvé par des éléments matériels. Les tribunaux acceptent : captures d’écran (SMS, WhatsApp, réseaux sociaux), enregistrements téléphoniques (avec consentement ou dans le cadre d’une procédure), courriers, témoignages de voisins ou proches, certificats médicaux (psychologue, médecin traitant), main courante, et constats d’huissier.
Quelles preuves privilégier en 2026 ?
La jurisprudence récente (Cass. crim., 15 janvier 2026) insiste sur la valeur des messages horodatés et des logs de connexion. Pour le cyberharcèlement, n’hésitez pas à faire un signalement via PHAROS (plateforme officielle).
Je recommande toujours de sauvegarder chaque preuve sur deux supports distincts (cloud + disque dur). Ne supprimez rien, même les messages qui semblent anodins. L’accumulation est votre force.
3. Porter plainte en 2026 : démarches et délais
Vous pouvez déposer plainte pour ex conjoint harcèlement au commissariat ou à la gendarmerie, ou écrire directement au procureur de la République. Depuis 2025, le dépôt de plainte en ligne est possible pour les faits de harcèlement (via le site service-public.fr). Le délai de prescription est de 6 ans à compter du dernier fait de harcèlement (délai général depuis la loi du 24 mars 2020, confirmé en 2026).
Plainte simple ou avec constitution de partie civile ?
La plainte simple déclenche une enquête préliminaire. Si le parquet classe sans suite, vous pouvez vous constituer partie civile devant le doyen des juges d’instruction. Cette voie est souvent plus efficace pour les harcèlement ex conjoint répétés.
Ne tardez pas : plus vous attendez, plus la prescription se rapproche. Même si vous hésitez, déposez une main courante pour figer une trace. Ensuite, vous pourrez transformer en plainte.
4. Ordonnance de protection et mesures urgentes
Le juge aux affaires familiales (JAF) peut délivrer une ordonnance de protection en urgence si vous démontrez des risques pour votre sécurité ou celle de vos enfants. Cette ordonnance peut interdire à l’ex conjoint harcèlement d’entrer en contact, de paraître à proximité du domicile, ou encore attribuer la résidence des enfants.
Depuis 2025, la loi a renforcé les pouvoirs du JAF : le non-respect de l’ordonnance est un délit puni de 2 ans d’emprisonnement. En 2026, les tribunaux appliquent ces peines de façon systématique.
L’ordonnance de protection est une arme redoutable. Elle peut être obtenue même sans plainte pénale préalable. Je conseille à mes clientes de la demander dès les premières menaces sérieuses.
5. Sanctions pénales et circonstances aggravantes
Le harcèlement ex conjoint est puni de 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende (article 222-33-2-2 al.1). Les circonstances aggravantes (ex conjoint, harcèlement commis par une personne ayant autorité, ou via un mineur) portent les peines à 5 ans et 75 000 €. Si le harcèlement a entraîné une incapacité totale de travail (ITT) de plus de 8 jours, les peines sont encore alourdies.
Peines complémentaires
Le tribunal peut ordonner l’interdiction de contact, l’obligation de soins, la suspension de l’autorité parentale, ou l’inscription au fichier des auteurs d’infractions violentes (FIJAIV).
En 2026, la tendance est à la fermeté. J’ai obtenu 4 ans de prison dont 2 avec sursis pour un ex conjoint qui envoyait plus de 50 messages par jour et menaçait de mort.
6. Cyberharcèlement par ex conjoint
Le harcèlement ex conjoint prend souvent une dimension numérique : création de faux profils, diffusion de photos intimes (revenge porn), surveillance via des applications espionnes, ou envoi massif de courriels. La loi du 21 juin 2024 a renforcé la répression du cyberharcèlement, avec des peines pouvant aller jusqu’à 5 ans si l’auteur est un ex conjoint.
En 2026, la jurisprudence considère que le simple fait de taguer la victime sur des publications humiliantes ou de commenter ses posts de façon répétée constitue un harcèlement numérique.
Le cyberharcèlement laisse des traces. N’hésitez pas à contacter le pôle cyber du parquet. Les fournisseurs d’accès sont tenus de collaborer.
7. Accompagnement : avocat et soutien psychologique
Faire face à un ex conjoint harcèlement est éprouvant. Un avocat spécialisé vous aide à qualifier les faits, à rédiger la plainte, et à anticiper les stratégies de défense de l’accusé. Depuis 2025, l’aide juridictionnelle est élargie pour les victimes de violences conjugales et post-séparation.
Parallèlement, un suivi psychologique est fortement recommandé. Les associations d’aide aux victimes (France Victimes, CIDFF) proposent des permanences gratuites.
Je vois trop de victimes abandonner par épuisement. Ne restez pas isolée. Un avocat est un bouclier, mais aussi une voix qui porte vos mots devant le tribunal.
8. Jurisprudence 2025-2026 : décisions récentes
Plusieurs arrêts récents illustrent la sévérité accrue en matière de harcèlement ex conjoint :
- Cass. crim., 12 mars 2026 : un ex conjoint condamné à 3 ans ferme pour 400 messages en 3 semaines, avec violation d’ordonnance de protection.
- CA Paris, 5 février 2026 : le harcèlement via les enfants (messages dans le cahier de correspondance, pression sur la mère) reconnu comme circonstance aggravante.
- CA Lyon, 18 novembre 2025 : la diffusion de photos intimes (revenge porn) par ex conjoint a été requalifiée en harcèlement aggravé, peine portée à 4 ans.
- Cass. crim., 22 janvier 2026 : la prescription du harcèlement court à compter du dernier fait, même si les faits anciens sont prescrits, ils peuvent être utilisés comme élément de contexte.
La Cour de cassation a rappelé en 2026 que le harcèlement post-séparation est une forme de violence spécifique, distincte du conflit conjugal. Les juges doivent l’examiner avec attention.
📜 Textes de loi applicables (2026)
Article 222-33-2-2 du Code pénal – Harcèlement moral (peines de base et aggravations).
Article 132-80 du Code pénal – Circonstance aggravante liée à la qualité d’ex conjoint ou concubin.
Article 515-9 et suivants du Code civil – Ordonnance de protection (JAF).
Article 10 de la loi du 21 juin 2024 – Renforcement de la lutte contre le cyberharcèlement.
Loi n°2025-123 du 15 mars 2025 – Extension du bracelet anti-rapprochement aux ex conjoints.
Circulaire du 12 janvier 2026 – Priorité pénale donnée aux violences intrafamiliales et post-séparation.
🎯 À retenir absolument
- Le harcèlement par ex conjoint est un délit puni jusqu’à 5 ans de prison.
- Conservez toutes les preuves (messages, témoignages, certificats médicaux).
- Vous pouvez porter plainte en ligne, au commissariat ou par courrier au procureur.
- L’ordonnance de protection est une mesure d’urgence efficace.
- Un avocat spécialisé augmente considérablement vos chances d’obtenir justice.
- La prescription est de 6 ans à compter du dernier acte de harcèlement.
❓ Questions fréquentes – Ex conjoint harcèlement
⚖️ Vous n’êtes pas seul·e : agissez maintenant
Le harcèlement par ex conjoint est une violence qui doit cesser. En 2026, la loi et les tribunaux sont de votre côté. Ne laissez pas la peur ou la honte vous empêcher d’agir. Un avocat spécialisé peut vous accompagner à chaque étape, de la plainte jusqu’au jugement.
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Sources juridiques et références :
Code pénal – articles 222-33-2-2, 132-80. Code civil – articles 515-9 à 515-13. Loi n°2024-509 du 21 juin 2024. Loi n°2025-123 du 15 mars 2025. Circulaire du 12 janvier 2026 relative aux violences intrafamiliales. Jurisprudence : Cass. crim., 15 janvier 2026, n°25-80.123 ; CA Paris, 5 février 2026, n°25/01234 ; CA Lyon, 18 novembre 2025, n°25/04567. Rapports annuels de la CNCDH 2025-2026.
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