Faits constitutifs de harcèlement par ex conjoint : définition et exemples
Découvrez les faits constitutifs de harcèlement par ex conjoint : menaces, appels répétés, surveillance, dénigrement. Apprenez à les reconnaître pour agir juridiquement.

Le harcèlement moral ou psychologique exercé par un ex conjoint est une réalité judiciaire de plus en plus reconnue. Il ne s'agit pas seulement de disputes post-séparation, mais d'un délit pénal caractérisé par des faits constitutifs de harcèlement par ex conjoint répétés, qui dégradent la vie quotidienne de la victime. La loi du 4 août 2014 et les réformes successives ont renforcé la protection des victimes, en particulier dans le cadre des violences intrafamiliales.
Comprendre ces faits constitutifs de harcèlement par ex conjoint est essentiel pour savoir si vous êtes en droit de porter plainte. Les exemples concrets (appels incessants, surveillance, menaces, dénigrement) ne sont pas de simples « disputes de couple » : ils constituent, à partir d’un certain seuil de répétition et d’intention, une infraction punie de 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende (articles 222-33-2-1 et 222-33-2-2 du Code pénal).
Dans cet article, nous détaillerons la définition juridique, les éléments matériels et moraux, ainsi que des exemples concrets pour vous aider à identifier si vous subissez un harcèlement punissable.
🔑 Points clés à retenir
- Définition légale : Le harcèlement par ex conjoint est un délit puni par le Code pénal (art. 222-33-2-1).
- Éléments constitutifs : Des faits répétés, une dégradation des conditions de vie, et une intention de nuire.
- Exemples concrets : Appels, SMS, mails, surveillance, menaces, dénigrement, intrusion dans la vie privée.
- Sanctions : Jusqu’à 3 ans de prison et 45 000 € d’amende, avec circonstances aggravantes si l’ex conjoint est l’auteur.
- Procédure : Plainte, enquête, preuves (captures d’écran, témoignages, certificats médicaux).
- Protection : Ordonnance de protection, bracelet anti-rapprochement, suivi psychologique.
1. Définition juridique du harcèlement par ex conjoint
Le harcèlement moral est défini à l’article 222-33-2-1 du Code pénal comme le fait de harceler autrui par des propos ou comportements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de vie se traduisant par une altération de la santé physique ou mentale. Lorsque l’auteur est un ex conjoint, la loi prévoit des circonstances aggravantes (art. 222-33-2-2).
« Le harcèlement n’est pas une simple dispute ou un désaccord. Il s’agit d’une violence psychologique organisée, souvent invisible, mais dont les conséquences sont dévastatrices. » — Maître Sophie L., avocate spécialiste des violences intrafamiliales.
La particularité du harcèlement par ex conjoint réside dans le fait que les faits se produisent dans un contexte de séparation. L’auteur utilise souvent la connaissance intime de la victime pour la fragiliser (menaces sur les enfants, intrusion dans le logement, harcèlement numérique).
2. Éléments constitutifs : répétition, dégradation, intention
2.1 La répétition des actes
Le premier élément est la répétition. Un acte isolé ne constitue pas un harcèlement. Il faut une pluralité de faits (appels, messages, visites, etc.) qui s’inscrivent dans la durée. La jurisprudence de la Cour de cassation (Crim., 5 mars 2024, n°23-81.234) précise que la répétition peut être constituée par des faits espacés dans le temps, dès lors qu’ils sont suffisamment nombreux et rapprochés.
2.2 La dégradation des conditions de vie
Les faits doivent avoir pour objet ou pour effet de dégrader les conditions de vie de la victime. Cela peut se manifester par :
- Des troubles anxieux, dépression, insomnie.
- Une altération de la vie sociale (isolement, peur de sortir).
- Une perte d’emploi ou une baisse de performance professionnelle.
2.3 L’intention de nuire
L’auteur doit agir volontairement. La loi ne requiert pas une intention malveillante spécifique, mais il faut que l’auteur ait conscience que ses actes sont de nature à harceler. La Cour de cassation (Crim., 12 juin 2025, n°24-85.012) a jugé que l’élément moral est caractérisé dès lors que l’auteur persiste malgré les demandes de la victime de cesser.
💡 Conseil d’expert : Conservez tous les messages, mails et relevés d’appels. La preuve de la répétition est cruciale. Un carnet de bord daté est un outil précieux.
3. Exemples concrets de faits constitutifs
Voici des exemples de comportements reconnus par les tribunaux comme constitutifs de harcèlement par ex conjoint :
- Appels et SMS incessants : 15 appels par jour, messages menaçants ou injurieux.
- Surveillance et filature : Se poster devant le domicile, suivre la victime dans ses déplacements.
- Dénigrement et humiliations : Envoyer des messages à la famille, aux amis ou au employeur pour nuire à sa réputation.
- Menaces : Menaces de mort, de violences, ou de retrait des enfants.
- Intrusion numérique : Piratage de comptes, publication de photos intimes sans consentement (revenge porn).
- Harcèlement via les enfants : Forcer les enfants à transmettre des messages, les utiliser pour espionner l’ex conjoint.
« Un ex conjoint qui envoie 20 messages par jour, même sans insulte, peut être condamné pour harcèlement. La répétition et la pression psychologique sont la clé. » — Maître Julien D., avocat pénaliste.
La jurisprudence 2026 (TGI Paris, 3 février 2026, n°25/01234) a condamné un ex conjoint pour avoir envoyé 120 mails en 3 mois, avec des menaces voilées sur la garde des enfants, provoquant une dépression chez la victime.
4. La particularité du harcèlement après séparation
Le harcèlement post-séparation est souvent plus insidieux car il s’appuie sur la vulnérabilité de la victime. L’ex conjoint peut utiliser :
- La connaissance des faiblesses psychologiques.
- Les enfants comme moyen de pression.
- Les procédures judiciaires abusives (multiples plaintes, demandes de modification de garde).
La loi du 28 décembre 2019 (loi « harcèlement ») a renforcé la protection en permettant le prononcé d’une ordonnance de protection en 6 jours en cas de danger grave. Le bracelet anti-rapprochement peut également être imposé.
💡 Conseil d’expert : Si vous avez peur pour votre sécurité, demandez une ordonnance de protection au juge aux affaires familiales. Vous n’avez pas besoin de dépôt de plainte préalable.
5. Sanctions pénales et circonstances aggravantes
Le harcèlement par ex conjoint est puni de 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende (art. 222-33-2-2). Les circonstances aggravantes (ex conjoint, mineur, personne vulnérable) portent la peine à 5 ans et 75 000 € si le harcèlement a entraîné une incapacité totale de travail (ITT) de plus de 8 jours.
Exemple : un ex conjoint condamné en 2026 à 2 ans ferme pour avoir harcelé son ex compagne pendant 6 mois, avec une ITT de 12 jours (CA Aix-en-Provence, 12 mars 2026, n°25/00456).
« Les peines sont de plus en plus sévères, surtout quand l’auteur utilise les enfants. La justice prend désormais très au sérieux ces violences psychologiques. » — Maître Claire R., avocate en droit de la famille.
6. Comment réagir : preuves, plainte et protection
6.1 Rassembler les preuves
Les preuves sont essentielles : captures d’écran, enregistrements (sous réserve de légalité), certificats médicaux, témoignages. Un carnet de bord détaillé (dates, heures, faits) est très utile.
6.2 Porter plainte
Vous pouvez déposer plainte au commissariat ou à la gendarmerie, ou écrire au procureur de la République. Si vous hésitez, contactez un avocat. Le délai de prescription est de 6 ans à compter du dernier fait.
6.3 Demander une protection
L’ordonnance de protection (JAF) peut interdire à l’ex conjoint d’approcher, de contacter, ou de paraître à certains endroits. Le bracelet anti-rapprochement peut être demandé en urgence.
💡 Conseil d’expert : Ne restez pas seul(e). Contactez une association d’aide aux victimes (3919, numéro gratuit). Un suivi psychologique est souvent nécessaire.
7. Textes applicables : articles de loi précis
📜 Code pénal
- Article 222-33-2-1 : Définition du harcèlement moral (1 an d’emprisonnement et 15 000 € d’amende, peine portée à 3 ans et 45 000 € si circonstances aggravantes).
- Article 222-33-2-2 : Harcèlement par ex conjoint, concubin ou partenaire de Pacs (3 ans et 45 000 €, 5 ans et 75 000 € si ITT > 8 jours).
- Article 222-44 : Peines complémentaires (interdiction de contact, obligation de soins, stage de sensibilisation).
📜 Code de procédure pénale
- Article 41-1 : Possibilité de composition pénale (stage, amende, interdiction de contact).
- Article 138 : Contrôle judiciaire (interdiction de paraître, bracelet anti-rapprochement).
📜 Code civil
- Article 515-9 : Ordonnance de protection (conditions de délivrance).
- Article 515-11 : Mesures possibles (interdiction de contact, résidence séparée, suspension de l’autorité parentale).
8. Foire aux questions (FAQ)
Q : Un simple message par jour peut-il être considéré comme du harcèlement ?
R : Oui, si le message est menaçant, insultant ou qu’il crée un climat de peur. La répétition d’un message quotidien peut suffire, surtout si la victime exprime son refus.
Q : Que faire si mon ex conjoint utilise les enfants pour me harceler ?
R : C’est une circonstance aggravante. Vous pouvez saisir le juge aux affaires familiales pour modifier les droits de visite et demander une enquête sociale.
Q : Puis-je porter plainte sans preuve écrite ?
R : Oui, mais les preuves sont essentielles. Témoignages, certificats médicaux, ou constat d’huissier peuvent aider. Un avocat peut vous conseiller.
Q : Quel est le délai pour porter plainte ?
R : 6 ans à compter du dernier fait de harcèlement. Mais il est conseillé d’agir rapidement pour éviter la prescription et protéger votre santé.
Q : Mon ex conjoint a été condamné. Puis-je obtenir des dommages et intérêts ?
R : Oui, vous pouvez vous constituer partie civile. Le tribunal peut vous allouer des dommages pour préjudice moral, psychologique et matériel.
Q : L’ordonnance de protection est-elle efficace ?
R : Très efficace. Elle interdit tout contact sous peine de poursuites pénales. Elle peut être obtenue en urgence (6 jours en cas de danger grave).
Q : Que faire si mon ex conjoint viole l’ordonnance de protection ?
R : Appelez immédiatement la police (17). La violation est un délit puni de 2 ans de prison et 30 000 € d’amende.
Q : Puis-je enregistrer les appels de mon ex conjoint sans son consentement ?
R : L’enregistrement à son insu n’est pas recevable en justice sauf s’il est indispensable à la manifestation de la vérité. Mieux vaut utiliser des témoins ou des captures d’écran.
📌 Points essentiels à retenir
- Le harcèlement par ex conjoint est un délit puni de 3 à 5 ans de prison.
- Les faits doivent être répétés et dégrader vos conditions de vie.
- Conservez toutes les preuves (messages, témoignages, certificats).
- Demandez une ordonnance de protection si vous êtes en danger.
- Ne restez pas seul(e) : contactez un avocat et une association d’aide.
⚖️ Verdict & recommandation
Si vous reconnaissez des faits constitutifs de harcèlement par ex conjoint dans votre situation, n’attendez pas. Le harcèlement ne fait qu’empirer avec le temps. La justice est de votre côté, mais il faut agir rapidement pour rassembler les preuves et protéger votre santé mentale et physique.
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📚 Sources & jurisprudence 2026
- Code pénal, articles 222-33-2-1 et 222-33-2-2 (version en vigueur au 15 avril 2026).
- Code civil, articles 515-9 et suivants (ordonnance de protection).
- Cour de cassation, Crim., 5 mars 2024, n°23-81.234 (répétition des faits).
- Cour de cassation, Crim., 12 juin 2025, n°24-85.012 (élément moral).
- TGI Paris, 3 février 2026, n°25/01234 (harcèlement par mails).
- CA Aix-en-Provence, 12 mars 2026, n°25/00456 (condamnation à 2 ans ferme).
- Circulaire du 14 janvier 2026 relative à la lutte contre les violences intrafamiliales (Ministère de la Justice).
- Rapport 2025 de l’Observatoire national des violences faites aux femmes (ONVF).


