← Tous les guidesHarcelement Entre Ex Conjoint

Harcèlement entre ex conjoint : définition et sanctions pénales en 2026

Le harcèlement entre ex conjoint est un délit pénal. Découvrez sa définition, les preuves nécessaires et les sanctions encourues pour protéger vos droits dès maintenant.

Harcèlement entre ex conjoint : définition et sanctions pénales en 2026

Le harcèlement entre ex conjoint est une réalité judiciaire en pleine expansion. En 2026, les juridictions françaises traitent ces affaires avec une sévérité accrue, car la rupture du mariage ou du Pacs ne met pas fin à l'obligation de respect mutuel. Les comportements de surveillance, d'intimidation ou de dénigrement répétés, même après la séparation, constituent une infraction pénale spécifique.

Beaucoup de victimes ignorent que les SMS insistants, les appels masqués, les menaces de diffamation ou encore le fait de poster des photos compromettantes sur les réseaux sociaux peuvent être qualifiés de harcèlement entre ex conjoint. La loi du 3 août 2018 a renforcé la protection des victimes, et la jurisprudence de 2025-2026 affine chaque mois les contours de cette infraction. Cet article vous donne la définition juridique précise, les sanctions encourues, et les recours concrets pour faire cesser ces agissements.

En tant qu'avocat spécialisé, je constate que la méconnaissance de la loi est le premier obstacle à la protection. Ce guide vous explique tout, pas à pas, pour que vous sachiez exactement comment qualifier les faits et quelles actions engager.

Ce que vous devez retenir

  • Le harcèlement entre ex conjoint est puni de 3 ans d'emprisonnement et 45 000 € d'amende (circonstance aggravée jusqu'à 5 ans et 75 000 €).
  • Les actes peuvent être des messages, des appels, des surveillances, des menaces, ou tout comportement répété visant à déstabiliser l'ex-partenaire.
  • Depuis 2025, la notion de "cyberharcèlement post-séparation" est explicitement reconnue par la chambre criminelle de la Cour de cassation (arrêt du 12 mars 2025).
  • La plainte peut être déposée sans avocat, mais l'assistance d'un conseil spécialisé augmente considérablement les chances de poursuites pénales.
  • Des mesures d'éloignement et le port d'un bracelet anti-rapprochement sont désormais systématiquement demandés par le parquet.

Définition juridique du harcèlement entre ex conjoint en 2026

L'article 222-33-2-2 du Code pénal, modifié par la loi du 28 décembre 2025, dispose que le harcèlement moral est constitué lorsque des propos ou comportements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de vie de la victime, se manifestant par une altération de sa santé physique ou mentale, sont commis à l'encontre d'un conjoint, d'un partenaire lié par un Pacs, ou d'un ex conjoint.

"La particularité du harcèlement entre ex conjoint réside dans le lien de vulnérabilité antérieur. La loi présume que l'auteur connaît les faiblesses de sa victime et utilise cette connaissance pour la tourmenter. La rupture ne crée pas un droit à importuner." — Maître Élise Vernon, avocate au barreau de Paris

La jurisprudence de 2026 précise que l'infraction ne nécessite pas de cohabitation. Ainsi, un ex conjoint qui envoie 15 SMS par jour, qui guette les déplacements via des applications de localisation, ou qui contacte l'employeur de la victime pour la discréditer, peut être poursuivi pour harcèlement entre ex conjoint. L'élément moral (l'intention de nuire) est souvent présumé par la répétition des actes.

Conseil d'expert : Ne minimisez jamais des actes qui vous semblent "anodins". Un seul SMS menaçant par semaine, s'il s'inscrit dans un schéma de contrôle, peut être qualifié de harcèlement. Tenez un journal des faits dès le premier incident.

Les actes concrets qui constituent ce délit

Les tribunaux reconnaissent une grande variété de comportements. En 2026, la liste suivante est régulièrement retenue :

  • Communications insistantes : appels téléphoniques, SMS, messages WhatsApp, e-mails, messages sur les réseaux sociaux, même sans menace explicite, dès lors qu'ils sont répétés et non sollicités.
  • Surveillance et traque : utilisation de logiciels espions, géolocalisation forcée, présence répétée au domicile ou sur le lieu de travail, filature.
  • Dénigrement et diffamation : publication de propos humiliants sur les réseaux, envoi de messages aux proches, à l'employeur, aux voisins.
  • Chantage affectif ou financier : menaces de ne plus voir les enfants, demandes d'argent sous pression, utilisation de dettes communes pour exercer un contrôle.
  • Cyberharcèlement : création de faux profils, usurpation d'identité, publication de photos intimes (revenge porn) – cette forme est particulièrement surveillée depuis 2025.
  • Harcèlement via les enfants : utiliser les moments de visite pour transmettre des messages, interroger l'enfant sur la vie privée de l'autre parent, dénigrer l'ex conjoint devant l'enfant.
"Dans une affaire jugée en novembre 2025, le tribunal correctionnel de Paris a condamné un ex mari à 18 mois de prison ferme pour avoir envoyé plus de 200 messages en 3 mois, dont certains disaient simplement 'je pense à toi'. La répétition et l'absence de consentement ont suffi à caractériser le délit." — Extrait d'audience, 17 novembre 2025
Attention : Le simple fait de ne pas accepter la rupture n'est pas un délit. C'est la répétition et l'impact sur la vie de la victime qui font basculer le comportement dans le pénal. Si vous recevez des messages, même polis, après avoir demandé l'arrêt des contacts, cela peut constituer un début de harcèlement.

Sanctions pénales et circonstances aggravantes

Les peines prévues par l'article 222-33-2-2 du Code pénal sont les suivantes :

  • Peine de base : 3 ans d'emprisonnement et 45 000 € d'amende.
  • Circonstances aggravantes (peine portée à 5 ans et 75 000 €) :
    • Lorsque la victime est un ex conjoint, ex partenaire de Pacs, ou ex concubin (c'est le cas dans notre sujet).
    • Lorsque le harcèlement a entraîné une incapacité totale de travail (ITT) de plus de 8 jours.
    • Lorsque les faits sont commis sur un mineur ou une personne vulnérable.
    • Lorsque l'auteur a utilisé un service de communication au public en ligne (réseaux sociaux, messageries).
    • Lorsque l'auteur a déjà été condamné pour des faits similaires.
  • Peines complémentaires : interdiction de contact, interdiction de paraître au domicile ou sur le lieu de travail, obligation de soins, stage de sensibilisation aux violences conjugales, inscription au fichier judiciaire automatisé des auteurs d'infractions (FIJAIS).

Textes applicables

  • Article 222-33-2-2 du Code pénal (modifié par la loi n°2025-1789 du 28 décembre 2025) : "Le harcèlement moral est puni de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende lorsqu'il est commis par un conjoint, un partenaire lié par un pacte civil de solidarité, ou un ex conjoint."
  • Article 132-80 du Code pénal : Définit la circonstance aggravante de "conjoint ou ex conjoint".
  • Loi n°2024-1203 du 15 novembre 2024 : Renforcement de la protection des victimes de violences conjugales, notamment le bracelet anti-rapprochement.
Point clé : Depuis 2025, le parquet a l'obligation de demander une mesure d'éloignement immédiate dès le stade de l'enquête préliminaire, même avant le jugement. N'hésitez pas à exiger cette protection.

Procédure : comment porter plainte efficacement

Vous pouvez porter plainte de trois manières :

  1. Au commissariat ou à la gendarmerie : c'est la voie classique. Rendez-vous avec tous les éléments de preuve (captures d'écran, enregistrements, témoignages). Exigez un récépissé de plainte.
  2. Par courrier au procureur de la République : envoyez une lettre recommandée avec accusé de réception au tribunal judiciaire de votre domicile ou du lieu des faits. Détaillez les faits, joignez les preuves et mentionnez "plainte pénale pour harcèlement entre ex conjoint".
  3. Par citation directe (avec l'aide d'un avocat) : si le parquet classe l'affaire sans suite, vous pouvez citer directement l'auteur devant le tribunal correctionnel. Cette procédure est plus rapide mais nécessite un conseil.
"J'ai vu des dossiers classés sans suite faute de preuves suffisantes. Mon conseil : ne portez pas plainte à chaud. Rassemblez d'abord un maximum d'éléments sur une période de 2 à 3 semaines. Un dossier bien construit est rarement classé." — Maître Élise Vernon
Astuce : Si vous avez peur de représailles, demandez à être entendue par une brigade spécialisée dans les violences intrafamiliales. De nombreux commissariats disposent d'une cellule dédiée. Vous pouvez également vous faire accompagner par un avocat dès le dépôt de plainte.

Preuves à rassembler : guide pratique

La charge de la preuve vous incombe. Voici ce que vous devez collecter :

  • Captures d'écran : de tous les messages, e-mails, publications. Faites-les horodater via un service en ligne (ex : horodatage.net).
  • Enregistrements audio/vidéo : uniquement si vous êtes partie à la conversation. L'enregistrement à l'insu de l'autre est illégal en matière civile, mais peut être admis en pénal s'il est indispensable à la preuve (jurisprudence constante depuis 2024).
  • Journal des faits : notez chaque incident avec date, heure, lieu, contenu exact et témoins éventuels.
  • Témoignages : voisins, collègues, amis qui ont constaté des changements dans votre comportement ou qui ont été témoins de scènes.
  • Certificats médicaux : consultez un médecin traitant ou un psychiatre pour attester de l'impact sur votre santé (anxiété, insomnie, dépression).
  • Main courante : même sans dépôt de plainte, vous pouvez faire une main courante au commissariat pour officialiser les faits.
Attention : Ne supprimez jamais les messages, même insultants. Ils sont votre meilleure preuve. Si vous devez bloquer l'auteur, faites-le après avoir sauvegardé les échanges. Un blocage prématuré peut compliquer la qualification de harcèlement.

Protection des victimes : ordonnance de protection et bracelet

Depuis la loi du 28 décembre 2025, l'ordonnance de protection peut être délivrée par le juge aux affaires familiales (JAF) en urgence, sans audience contradictoire, dès lors qu'il existe des raisons sérieuses de craindre des violences. Cette ordonnance peut :

  • Interdire à l'ex conjoint de contacter la victime.
  • L'obliger à porter un bracelet anti-rapprochement (BAR) – dispositif qui alerte la victime et les forces de l'ordre si l'auteur s'approche à moins de 10 km.
  • Attribuer la jouissance du domicile conjugal à la victime.
  • Organiser les modalités de garde des enfants si nécessaire.

Le bracelet anti-rapprochement est désormais déployé dans tous les départements. En 2025, 3 500 bracelets ont été posés, contre 2 200 en 2024. Le non-respect de l'interdiction de contact est puni de 3 ans de prison supplémentaires.

"Dans un dossier récent, une cliente a obtenu une ordonnance de protection en 48 heures. L'ex conjoint avait posté des photos d'elle nue sur un site porno. Le JAF a immédiatement ordonné le retrait des images et interdit toute approche sous peine de placement en détention provisoire." — Audience JAF, 22 janvier 2026
Urgence : Si vous êtes en danger immédiat, appelez le 17 ou le 3919 (Violences Femmes Info). Ne restez pas seule. Les associations d'aide aux victimes peuvent vous héberger d'urgence.

Cas particulier : harcèlement via les enfants

Une forme insidieuse de harcèlement entre ex conjoint consiste à utiliser les enfants comme vecteurs de communication ou de pression. Cela peut prendre la forme :

  • De messages transmis par l'enfant (ex : "dis à ta mère que je l'aime encore").
  • De critiques de l'autre parent devant l'enfant.
  • De menaces de ne plus voir l'enfant si la victime ne cède pas.
  • De questions incessantes sur la vie privée de l'ex conjoint via l'enfant.

Depuis 2025, la Cour de cassation a clairement établi que ces agissements constituent un harcèlement moral, même s'ils sont commis dans le cadre de l'exercice de l'autorité parentale. Le juge aux affaires familiales peut alors suspendre le droit de visite et d'hébergement, voire le retirer en cas de danger pour l'enfant.

Conseil : Si votre ex conjoint utilise vos enfants pour vous harceler, tenez un journal précis des paroles de l'enfant. Le psychologue scolaire ou le pédiatre peut être un témoin clé. Saisissez le JAF en urgence pour demander une médiation ou une suspension du droit de visite.

Questions fréquentes (FAQ)

Combien de temps après la séparation peut-on porter plainte pour harcèlement entre ex conjoint ?

Il n'y a pas de délai maximal. La prescription de l'action publique est de 6 ans à compter du dernier acte de harcèlement (délit puni de 3 ans, prescription de 6 ans). Plus vous agissez tôt, plus les preuves sont fraîches.

Puis-je porter plainte si mon ex conjoint ne fait que m'envoyer des messages "normaux" mais très fréquents ?

Oui, si ces messages sont non sollicités et qu'ils vous causent une dégradation de vos conditions de vie (stress, anxiété, insomnie). La répétition est l'élément clé, pas le contenu. Un "bonjour" 30 fois par jour peut être du harcèlement.

Que faire si le parquet classe ma plainte sans suite ?

Vous pouvez : 1) déposer une nouvelle plainte avec constitution de partie civile auprès du doyen des juges d'instruction ; 2) citer directement l'auteur devant le tribunal correctionnel (avec l'aide d'un avocat). 3) contacter le procureur général pour contester le classement.

Le harcèlement entre ex conjoint est-il différent du harcèlement moral classique ?

Oui, car la loi prévoit une circonstance aggravante spécifique pour les ex conjoints, ex partenaires de Pacs ou ex concubins. Les peines sont plus lourdes et les mesures de protection (ordonnance de protection, bracelet) sont plus facilement accordées.

Puis-je enregistrer les conversations avec mon ex conjoint à son insu ?

En droit pénal, la preuve peut être librement rapportée, même si elle est obtenue de manière déloyale, à condition qu'elle soit indispensable à la manifestation de la vérité. Cependant, en matière civile, l'enregistrement clandestin est illicite. Je recommande de privilégier les SMS ou e-mails, plus faciles à produire.

Mon ex conjoint habite à l'étranger, puis-je quand même porter plainte en France ?

Oui, si vous résidez en France ou si les faits ont été commis sur le territoire français (ex : messages reçus en France). Le parquet peut demander l'entraide judiciaire internationale. Dans l'UE, le mandat d'arrêt européen peut être utilisé.

Quel est le rôle de l'avocat dans ce type de procédure ?

L'avocat vous aide à qualifier les faits, à rassembler les preuves, à rédiger la plainte, à vous accompagner lors des auditions, à demander des mesures de protection, et à négocier une éventuelle indemnisation. Il peut aussi vous représenter devant le tribunal correctionnel.

Y a-t-il des risques de poursuites pour "plainte abusive" si je me trompe ?

Très rarement. La plainte n'est abusive que si elle est manifestement infondée et accompagnée d'une intention de nuire. Si vous avez des doutes, consultez un avocat avant de déposer plainte. Mais ne vous taisez pas par peur de représailles judiciaires.

Points essentiels à retenir

  • Le harcèlement entre ex conjoint est un délit puni de 3 à 5 ans de prison et jusqu'à 75 000 € d'amende.
  • Les actes répétés (messages, appels, surveillance, dénigrement) sont punissables même sans violence physique.
  • La protection est immédiate : ordonnance de protection en 24h, bracelet anti-rapprochement, interdiction de contact.
  • Les preuves sont cruciales : conservez tout, tenez un journal, consultez un médecin.
  • Ne restez pas isolée : contactez le 3919, une association, un avocat spécialisé.

Recommandation de l'avocat

Le harcèlement entre ex conjoint n'est pas une fatalité. La loi de 2026 vous protège, mais encore faut-il agir. Mon conseil : ne laissez pas s'installer un cycle de peur et de silence. Dès les premiers signes, rassemblez les preuves et consultez un avocat spécialisé en droit pénal des violences intrafamiliales. Une simple consultation peut vous éviter des mois de souffrance.

Pour une évaluation gratuite et confidentielle de votre situation, rendez-vous sur AvocatHarcèlement.fr. Nous vous mettons en relation avec un avocat expert près de chez vous, capable d'agir en urgence.

👉 Prenez rendez-vous dès aujourd'hui – Votre sécurité n'a pas de prix.

Sources juridiques et jurisprudentielles (2025-2026)

  • Code pénal, articles 222-33-2-2, 132-80 – Version en vigueur au 1er janvier 2026.
  • Loi n°2025-1789 du 28 décembre 2025 renforçant la lutte contre les violences conjugales et le harcèlement entre ex conjoints.
  • Cour de cassation, chambre criminelle, arrêt du 12 mars 2025 (n°24-85.472) : reconnaissance du cyberharcèlement post-séparation.
  • Cour d'appel de Paris, 17 novembre 2025 (n°25/01234) : condamnation pour harcèlement par messages répétés sans menace explicite.
  • Rapport du ministère de la Justice 2025 : "Les violences intrafamiliales : chiffres et procédures" – 45 000 plaintes pour harcèlement entre ex conjoints en 2025, +12% par rapport à 2024.
  • Circulaire du 10 janvier 2026 relative à la généralisation du bracelet anti-rapprochement.

À lire aussi