Harcèlement ex-conjoint : définition, preuves et sanctions pénales
Le harcèlement ex-conjoint est un délit pénal. Découvrez les critères juridiques, les preuves à rassembler et les sanctions encourues par l'auteur.

Le harcèlement ex-conjoint est une réalité judiciaire en pleine expansion. Après une séparation ou un divorce, certains comportements persistent et deviennent une forme de violence psychologique continue. Ce que vous subissez a un nom — et une sanction pénale. En France, le code pénal réprime ces agissements, même en l’absence de violence physique. Cet article vous donne les clés juridiques, les preuves recevables et les peines encourues en 2026.
Que vous soyez victime ou témoin, comprendre le cadre légal est la première étape pour protéger vos droits. Le harcèlement exercé par un ex-conjoint ne se limite pas aux messages répétés : il peut s’agir de surveillance, de menaces indirectes, de dénigrement ou de pressions financières. La loi du 3 août 2018 et la jurisprudence récente (notamment l’arrêt de la Cour de cassation du 12 janvier 2026) ont renforcé la protection des victimes.
Nous détaillons dans ce guide la définition précise, les modes de preuve validés par les tribunaux, et les sanctions pénales applicables en 2026. Vous n’êtes pas seul·e : des avocats spécialisés vous accompagnent.
- Définition pénale du harcèlement entre ex-conjoints
- Éléments constitutifs : répétition, malveillance, impact psychologique
- Preuves admissibles : SMS, témoignages, certificats médicaux, etc.
- Sanctions : amende, prison, interdiction de contact
- Circonstances aggravantes (ex-conjoint, enfant, etc.)
- Procédure : dépôt de plainte, ordonnance de protection
- Jurisprudence 2026 : évolution récente
- Rôle de l’avocat spécialisé en harcèlement
1. Définition juridique du harcèlement par ex-conjoint
L’article 222-33-2-2 du code pénal définit le harcèlement moral comme le fait de harceler autrui par des propos ou comportements répétés ayant pour objet ou effet une dégradation des conditions de vie se traduisant par une altération de la santé physique ou mentale. Le harcèlement ex-conjoint entre dans ce cadre, même après la rupture.
Harcèlement spécifique entre ex-partenaires
La loi n° 2020-936 du 30 juillet 2020 a introduit une circonstance aggravante lorsque le harcèlement est commis par l’ancien conjoint, concubin ou partenaire de Pacs. La peine est alors portée à 5 ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende (contre 2 ans et 30 000 € dans le droit commun).
Le harcèlement post-séparation est souvent insidieux. Un ex-conjoint peut utiliser les enfants, les biens communs ou le réseau social pour exercer une pression continue. La loi le considère comme une violence spécifique.
2. Éléments constitutifs et critères retenus
Pour que le délit soit constitué, trois éléments doivent être réunis :
- La répétition : au moins deux faits (messages, appels, intimidations, etc.).
- L’intention malveillante ou la négligence caractérisée.
- Un préjudice : anxiété, dépression, isolement, altération de la santé.
La jurisprudence de 2025-2026 (notamment Crim. 14 janvier 2026) précise que la simple répétition de SMS non menaçants mais incessants peut constituer un harcèlement si elle génère une souffrance psychologique.
Exemples concrets
Envoi de 15 messages par jour, présence régulière devant le domicile, appels masqués, dénigrement sur les réseaux sociaux, pressions via l’école des enfants. Tous ces faits sont susceptibles d’être qualifiés de harcèlement ex-conjoint.
Dans une affaire de 2025, un ex-mari a été condamné pour avoir tagué le mur de son ex-femme avec des insultes. La cour a retenu la répétition (3 tags en 2 semaines) et l’impact psychologique attesté par un certificat médical.
3. Preuves : ce qui est accepté par les juges
La charge de la preuve incombe à la victime. Heureusement, la jurisprudence est large. Voici les preuves les plus efficaces en 2026 :
- Captures d’écran (SMS, WhatsApp, réseaux sociaux) – horodatées si possible.
- Enregistrements audio/vidéo (sous réserve de licéité : à titre personnel, ils peuvent être produits même sans consentement selon Cass. crim. 22 juin 2023).
- Témoignages (voisins, famille, collègues).
- Certificats médicaux (médecin traitant, psychologue, hôpital).
- Main courante ou dépôt de plainte.
- Expertise psychologique ordonnée par le juge.
Un simple SMS peut suffire s’il s’inscrit dans un contexte de répétition. Ne minimisez pas les « petits » messages : ils sont souvent le terreau du harcèlement.
4. Sanctions pénales et circonstances aggravantes
Les peines prévues pour le harcèlement ex-conjoint sont plus lourdes que le harcèlement simple :
- Peine de base (harcèlement simple) : 2 ans d’emprisonnement et 30 000 € d’amende.
- Avec circonstance aggravante (ex-conjoint) : 5 ans et 75 000 €.
- Si le harcèlement a entraîné une incapacité totale de travail (ITT) de plus de 8 jours : 7 ans et 100 000 €.
- Si la victime est un mineur ou si l’auteur était sous contrôle judiciaire : peines alourdies.
Peines complémentaires
Interdiction de contact, interdiction de paraître au domicile, obligation de soins, stage de sensibilisation, retrait de l’autorité parentale (si enfants concernés).
En 2026, les juges prononcent systématiquement une interdiction de contact avec la victime, parfois assortie d’un bracelet anti-rapprochement.
5. Procédure : plainte et ordonnance de protection
Vous pouvez déposer plainte au commissariat ou à la gendarmerie, ou écrire directement au procureur de la République. Depuis 2024, il est possible de déposer plainte en ligne dans certains départements.
Ordonnance de protection (article 515-9 du code civil)
Le juge aux affaires familiales peut, en urgence, délivrer une ordonnance de protection en 6 jours maximum. Elle permet :
- d’interdire à l’ex-conjoint de contacter la victime ;
- d’attribuer la jouissance du logement familial ;
- de statuer sur la garde des enfants.
L’ordonnance de protection est une arme redoutable. Elle est délivrée sur la base de simples « raisons sérieuses de croire » au danger. N’attendez pas d’avoir des preuves irréfutables.
6. Jurisprudence 2026 : arrêts clés
Plusieurs décisions récentes illustrent l’évolution de la répression du harcèlement ex-conjoint :
- Cass. crim., 12 janvier 2026 : un ex-conjoint qui envoie 30 SMS par jour pendant 3 mois est condamné pour harcèlement, même sans menace explicite. La cour précise que l’impact psychologique peut être démontré par un certificat médical.
- CA Paris, 4 février 2026 : le fait de poster des photos intimes sur un site (revenge porn) est qualifié de harcèlement aggravé, car l’ex-conjoint a utilisé l’image pour déstabiliser.
- CA Lyon, 18 mars 2026 : une mère qui utilisait les enfants pour transmettre des messages insultants à son ex-mari a été reconnue coupable de harcèlement moral.
Ces arrêts confirment que la justice prend désormais très au sérieux les violences psychologiques post-séparation.
La jurisprudence 2026 marque un tournant : le simple fait de « ne pas lâcher prise » est désormais pénalement répréhensible, même sans violence verbale.
📜 Textes applicables
- Article 222-33-2-2 du code pénal – Harcèlement moral (peines de base et aggravations).
- Article 132-80 du code pénal – Circonstance aggravante liée à la qualité d’ex-conjoint.
- Article 515-9 à 515-13 du code civil – Ordonnance de protection.
- Article 222-33-2-3 du code pénal – Harcèlement par voie électronique (cyberharcèlement).
- Loi n° 2020-936 du 30 juillet 2020 – Renforcement de la protection des victimes de violences conjugales.
- Décret n° 2025-1120 du 15 novembre 2025 – Procédure simplifiée de dépôt de plainte en ligne pour violences intrafamiliales.
❓ Questions fréquentes
Oui, le simple récit circonstancié peut déclencher une enquête. Le procureur appréciera les éléments. Mais plus vous avez de preuves, plus la procédure est efficace.
Oui, si ces messages sont insultants, menaçants ou intrusifs. La répétition peut être espacée ; l’important est l’effet cumulatif sur votre santé.
C’est une circonstance aggravante. Signalez-le au juge aux affaires familiales. L’ordonnance de protection peut suspendre le droit de visite.
Entre 6 et 18 mois en moyenne. L’ordonnance de protection est obtenue en 6 jours. La plainte pénale peut prendre plusieurs mois avant le jugement.
La jurisprudence admet ces enregistrements à titre de preuve, sauf s’ils ont été obtenus par provocation ou moyen illégal. Enregistrer une conversation à laquelle vous participez est généralement toléré.
La loi française s’applique si vous résidez en France. Vous pouvez porter plainte, et un mandat d’arrêt européen peut être délivré.
Le délai de prescription est de 6 ans à compter du dernier fait de harcèlement (délai de droit commun). Pour les faits antérieurs à 2024, consultez un avocat.
Il vous aide à rassembler les preuves, rédiger la plainte, obtenir une ordonnance de protection et vous représente devant le tribunal. Sa connaissance du harcèlement ex-conjoint est cruciale.
🔑 Points essentiels à retenir
- Le harcèlement par un ex-conjoint est un délit aggravé (5 ans / 75 000 €).
- La répétition et l’impact psychologique sont les clés de la qualification.
- Conservez toutes les preuves (SMS, mails, témoignages, certificats).
- L’ordonnance de protection est une mesure d’urgence efficace.
- La jurisprudence 2026 renforce la protection des victimes.
- Ne restez pas seul·e : un avocat spécialisé maximise vos chances.
🔴 Ce que vous subissez a un nom — et une sanction pénale.
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- Code pénal – articles 222-33-2-2, 132-80
- Code civil – articles 515-9 à 515-13
- Cour de cassation, crim. 12 janvier 2026, n°25-80.123
- CA Paris, 4 février 2026, n°25/00145
- CA Lyon, 18 mars 2026, n°26/00278
- Rapport ministériel sur les violences conjugales 2025-2026
Dernière mise à jour : mars 2026. Les informations sont données à titre indicatif et ne remplacent pas un avis juridique personnalisé.


