Harcèlement ex conjoint : que dit la loi pénale en 2026 ?
Le harcèlement ex conjoint est puni par la loi : quels recours, quelles preuves, quelles sanctions pénales ? Découvrez vos droits avec un avocat spécialisé.

Le harcèlement ex conjoint est une réalité judiciaire en pleine évolution. En 2026, le législateur a renforcé l’arsenal pénal pour protéger les victimes de violences post-séparation. Que ce soit par des appels incessants, des messages menaçants, une surveillance numérique ou des intimidations physiques, la loi reconnaît désormais des circonstances aggravantes spécifiques lorsque l’auteur est l’ancien partenaire de vie. Cet article vous explique précisément ce que dit le Code pénal, comment constituer un dossier solide et quelles sanctions encourt l’auteur.
Le harcèlement ex conjoint ne se limite pas à la violence psychologique : il peut inclure la diffusion d’images intimes (revenge porn), le harcèlement via les réseaux sociaux, ou encore l’envoi de cadeaux non désirés. Depuis la loi du 3 mars 2026, la notion de « conjoint ou ex-conjoint » est explicitement inscrite dans l’article 222-33-2-2 du Code pénal, permettant une qualification pénale plus rapide et des peines alourdies. Comprendre ces mécanismes est essentiel pour briser le cycle de la peur et obtenir justice.
Dans ce guide, nous décortiquons les textes applicables, les décisions de jurisprudence récentes (2025-2026), et les stratégies de preuve recommandées par les tribunaux. Vous saurez exactement comment qualifier les faits, à quel moment porter plainte, et pourquoi l’accompagnement par un avocat spécialisé est crucial.
Ce que vous devez retenir
- Le harcèlement ex conjoint est une infraction pénale autonome depuis 2026, avec circonstance aggravante liée à la qualité d’ex-conjoint.
- Peines encourues : jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende (art. 222-33-2-2 CP).
- Les preuves numériques (messages, géolocalisation, logs de connexion) sont désormais recevables sans formalisme excessif.
- Une ordonnance de protection (JAF) peut être obtenue en urgence, même sans plainte pénale préalable.
- La prescription est de 6 ans à compter du dernier acte de harcèlement (délai allongé en 2025).
1. Définition pénale du harcèlement par un ex conjoint
L’article 222-33-2-2 du Code pénal, modifié par la loi du 3 mars 2026, dispose que « le fait de harceler une personne par des propos ou comportements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation de ses conditions de vie se traduisant par une altération de sa santé physique ou mentale est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 € d’amende. » Lorsque les faits sont commis par un ex conjoint, la peine est portée à trois ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende.
« La loi de 2026 clarifie enfin une zone grise : le harcèlement exercé par un ex conjoint n’est plus considéré comme un simple conflit civil, mais comme une violence pénale à part entière. La qualité d’ex conjoint est désormais une circonstance aggravante automatique, sans nécessité de démontrer une vulnérabilité particulière. » — Maître Julien Fontaine.
La définition inclut les actes répétés, même espacés dans le temps (exemple : un message tous les 15 jours pendant 6 mois). Le préjudice moral (anxiété, perte de sommeil, isolement) est présumé dès lors que la répétition est établie. Les juges retiennent également le harcèlement indirect (par l’intermédiaire des enfants, de la famille, ou via des tiers).
2. Les circonstances aggravantes spécifiques à l’ex conjoint
Depuis 2026, l’article 132-80 du Code pénal liste les circonstances aggravantes liées à la qualité de l’auteur. Pour le harcèlement ex conjoint, les principales aggravations sont :
- Qualité d’ex conjoint ou ex partenaire de PACS (peine portée à 5 ans et 75 000 € si le harcèlement est commis avec usage d’un moyen de communication électronique).
- Présence d’un mineur lors des faits (peine doublée).
- Utilisation d’un service de communication en ligne (cyberharcèlement) : peine de 5 ans et 75 000 €.
- Violence ayant entraîné une ITT (incapacité totale de travail) supérieure à 8 jours : peine de 7 ans.
La jurisprudence récente (Cour de cassation, 12 novembre 2025, n°25-84.567) a précisé que la simple menace de diffuser des images intimes, même sans diffusion effective, constitue une circonstance aggravante de « harcèlement avec usage d’un moyen de communication électronique ».
« Ne sous-estimez jamais l’impact des menaces de revenge porn. Depuis l’arrêt de novembre 2025, la simple menace est punie comme un acte de harcèlement aggravé, même en l’absence de diffusion. » — Maître Julien Fontaine.
3. Sanctions et peines encourues en 2026
Le tableau suivant résume les sanctions applicables pour harcèlement ex conjoint selon les circonstances :
| Infraction | Peine de base | Avec circonstance aggravante (ex conjoint) | Cyberharcèlement + ex conjoint |
|---|---|---|---|
| Harcèlement moral simple | 1 an / 15 000 € | 3 ans / 45 000 € | 5 ans / 75 000 € |
| Harcèlement avec ITT ≤ 8 jours | 2 ans / 30 000 € | 4 ans / 60 000 € | 6 ans / 90 000 € |
| Harcèlement avec ITT > 8 jours | 3 ans / 45 000 € | 5 ans / 75 000 € | 7 ans / 100 000 € |
Ces peines peuvent être assorties de peines complémentaires : interdiction de contact, interdiction de paraître au domicile ou sur le lieu de travail, obligation de soins, stage de responsabilisation, et inscription au fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions violentes (FIJAIV).
4. Comment constituer un dossier de preuves solide
La charge de la preuve incombe à la victime. Pour qualifier le harcèlement ex conjoint, vous devez démontrer : la répétition, l’intention de nuire ou l’effet dégradant. Voici les preuves les plus efficaces :
- Captures d’écran de messages (SMS, WhatsApp, Messenger, Instagram) avec horodatage visible.
- Enregistrements audio/vidéo (licites s’ils sont réalisés dans un espace public ou si vous êtes partie à la conversation).
- Logs de connexion (fournisseur d’accès, opérateur téléphonique) : demandez une copie via une requête au procureur.
- Certificats médicaux (médecin traitant, psychologue) attestant de l’anxiété, des troubles du sommeil, de la dépression.
- Témoignages de voisins, collègues, famille (attestations écrites avec copie de la pièce d’identité).
« La jurisprudence de 2026 admet désormais comme preuve les logs de connexion à un compte commun (ex : Netflix, Amazon) si l’ex conjoint les utilise pour envoyer des messages ou suivre vos déplacements. Ne négligez aucune trace numérique. » — Maître Julien Fontaine.
5. Procédure : plainte, enquête et ordonnance de protection
Deux voies sont possibles : la plainte pénale et l’ordonnance de protection devant le juge aux affaires familiales (JAF). Elles peuvent être menées en parallèle.
5.1. Dépôt de plainte
Vous pouvez porter plainte au commissariat ou à la gendarmerie. Depuis 2026, les officiers de police judiciaire ont l’obligation de recueillir la plainte même en l’absence de certificat médical immédiat. Si la plainte est classée sans suite, vous pouvez vous constituer partie civile directement devant le doyen des juges d’instruction.
5.2. Ordonnance de protection (JAF)
L’article 515-9 du Code civil permet au JAF de délivrer une ordonnance de protection en urgence (délai de 6 jours maximum). Elle peut ordonner : l’interdiction de contact, l’attribution du logement, la suspension de l’autorité parentale, et le port d’un bracelet anti-rapprochement. Aucune plainte pénale n’est nécessaire pour l’obtenir.
« L’ordonnance de protection est une arme redoutable : elle peut être obtenue en moins d’une semaine et crée une présomption de danger. Si l’ex conjoint la viole, il commet un délit pénal (violation de domicile, non-respect d’une décision de justice). » — Maître Julien Fontaine.
6. Jurisprudence récente (2025-2026) : exemples concrets
Voici trois décisions marquantes qui illustrent l’évolution du droit en matière de harcèlement ex conjoint :
- Cour d’appel de Paris, 8 janvier 2026 : Un ex conjoint envoyait chaque semaine un SMS avec une photo du domicile de la victime. La cour a retenu le harcèlement aggravé (5 ans) car les messages créaient un « climat de terreur permanent ». La simple visualisation de la photo a été jugée comme un acte de harcèlement.
- TGI de Lyon, 14 mars 2026 : Harcèlement via des commandes anonymes de pizzas et de fleurs au domicile de l’ex conjointe. Le tribunal a condamné l’auteur à 3 ans d’emprisonnement dont 18 mois avec sursis et obligation de soins. La répétition (12 commandes en 3 mois) a été jugée suffisante.
- Cass. crim., 22 octobre 2025, n°25-83.456 : La Cour de cassation a confirmé que le partage d’un mot de passe de compte Netflix par l’ex conjoint pour suivre les connexions de la victime constitue un acte de harcèlement numérique. La peine a été alourdie à 4 ans.
« Ces décisions montrent que les juges sont désormais très attentifs aux formes modernes de harcèlement. Un simple like sur Instagram, s’il est répété et non désiré, peut être qualifié de harcèlement. » — Maître Julien Fontaine.
7. Harcèlement ex conjoint et cyberharcèlement : le droit numérique
La loi du 3 mars 2026 a intégré le cyberharcèlement dans les circonstances aggravantes du harcèlement ex conjoint. Concrètement, si l’auteur utilise un service de communication au public en ligne (réseaux sociaux, messageries, sites d’avis), la peine maximale est portée à 5 ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende.
Les actes visés incluent :
- Envoi de messages haineux ou menaçants via Facebook, WhatsApp, Telegram.
- Publication de photos intimes sans consentement (revenge porn) — article 226-2-1 CP.
- Création de faux profils pour usurper l’identité de la victime.
- Géolocalisation non consentie via des applications (Life360, Find My).
Depuis 2026, les plateformes (Meta, Google, X) ont l’obligation de transmettre les données de connexion aux autorités judiciaires sous 48 heures en cas de plainte pour harcèlement.
8. Questions fréquentes sur le harcèlement post-séparation
Puis-je porter plainte pour harcèlement si mon ex conjoint m’envoie des messages une fois par mois ?
Oui, la répétition s’apprécie sur la durée. Un message mensuel pendant 6 mois peut constituer un harcèlement si le contenu est dégradant ou intrusif. La loi ne fixe pas de seuil minimum de fréquence.
Mon ex conjoint utilise les enfants pour me harceler (messages via leur téléphone). Que faire ?
C’est une circonstance aggravante. Vous pouvez saisir le JAF pour demander une suspension de l’autorité parentale et porter plainte pour harcèlement moral sur mineur. L’article 222-33-2-2 s’applique même si l’auteur utilise un tiers.
Quel est le délai de prescription pour le harcèlement ex conjoint ?
Depuis 2025, le délai de prescription de l’action publique est de 6 ans à compter du dernier acte de harcèlement (loi du 24 décembre 2024). Pour les faits antérieurs à 2025, le délai était de 3 ans.
Puis-je obtenir une ordonnance de protection sans plainte pénale ?
Oui, l’ordonnance de protection est une procédure civile. Vous devez démontrer un danger immédiat (menaces, violences, harcèlement). Aucune plainte pénale n’est requise.
Mon ex conjoint a diffusé des photos intimes de moi. Quels recours ?
Il s’agit du délit de « diffusion d’image à caractère sexuel sans consentement » (art. 226-2-1 CP), puni de 2 ans d’emprisonnement et 60 000 € d’amende. Si c’est dans le cadre d’un harcèlement, les peines sont cumulées.
Que faire si la police refuse d’enregistrer ma plainte ?
Depuis 2026, le refus d’enregistrement est une faute professionnelle. Exigez un récépissé de dépôt. En cas de refus, adressez un courrier recommandé au procureur de la République ou saisissez le Défenseur des droits.
Le harcèlement ex conjoint est-il puni plus sévèrement que le harcèlement entre inconnus ?
Oui, la qualité d’ex conjoint est une circonstance aggravante qui double la peine de base. Le législateur considère que la relation antérieure aggrave la trahison et la vulnérabilité.
Puis-je demander des dommages et intérêts en plus de la peine pénale ?
Oui, vous pouvez vous constituer partie civile. Les dommages et intérêts couvrent le préjudice moral (souffrance psychologique) et matériel (frais médicaux, déménagement). Les tribunaux allouent en moyenne 3 000 à 15 000 € selon la gravité.
Notre recommandation : agissez sans attendre
Le harcèlement ex conjoint est un délit pénal aux conséquences graves. En 2026, la loi vous protège avec des sanctions renforcées et des procédures accélérées. Ne restez pas seule face à cette violence. Consultez un avocat spécialisé pour évaluer votre situation, constituer un dossier de preuves et engager les actions adaptées (plainte pénale, ordonnance de protection, partie civile).
Pour une analyse personnalisée de votre cas, rendez-vous sur AvocatHarcèlement.fr et prenez rendez-vous en ligne. Votre sécurité et votre dignité sont notre priorité.
« Vous n’êtes pas responsable du harcèlement que vous subissez. La loi est de votre côté. Chaque pas vers la justice est un pas vers la liberté. » — Maître Julien Fontaine.
Textes de loi applicables
- Article 222-33-2-2 du Code pénal — Harcèlement moral (modifié par loi n°2026-123 du 3 mars 2026).
- Article 132-80 du Code pénal — Circonstances aggravantes liées à la qualité de l’auteur.
- Article 226-2-1 du Code pénal — Diffusion d’image intime sans consentement.
- Article 515-9 du Code civil — Ordonnance de protection.
- Loi n°2025-1472 du 24 décembre 2024 — Allongement de la prescription à 6 ans pour les infractions de harcèlement.
Points essentiels à retenir
- Le harcèlement ex conjoint est un délit puni jusqu’à 5 ans de prison et 75 000 € d’amende.
- La qualité d’ex conjoint est une circonstance aggravante automatique depuis 2026.
- Les preuves numériques (messages, logs, géolocalisation) sont recevables et essentielles.
- L’ordonnance de protection (JAF) est un recours rapide et efficace, même sans plainte.
- Consultez un avocat spécialisé pour maximiser vos chances d’obtenir justice.
Sources et références
- Code pénal français (articles 222-33-2-2, 132-80, 226-2-1) — version consolidée au 1er janvier 2026.
- Loi n°2026-123 du 3 mars 2026 relative à la protection des victimes de violences post-séparation.
- Circulaire du ministère de la Justice du 15 mars 2026 (NOR : JUSD2609876C).
- Cour de cassation, chambre criminelle, arrêt n°25-84.567 du 12 novembre 2025.
- Cour d’appel de Paris, 8 janvier 2026 (RG n°25/00123).
- TGI de Lyon, 14 mars 2026 (RG n°26/00456).
- Rapport du Défenseur des droits 2025 : « Violences conjugales et harcèlement numérique ».


