Harcèlement par ex conjoint : que faire ? Guide juridique 2026
Vous subissez un harcèlement par votre ex conjoint ? Découvrez les recours pénaux, dépôt de plainte, ordonnance de protection et sanctions prévues par la loi française.

Le harcèlement par ex conjoint est une réalité insidieuse qui touche des milliers de personnes chaque année. Après une séparation, certains comportements persistent ou s’aggravent : messages incessants, menaces, surveillance, intimidations. Ces actes ne sont pas une fatalité. La loi les reconnaît comme une infraction pénale. Ce guide vous explique que faire face à cette situation, quels sont vos droits et comment obtenir justice.
En 2026, la jurisprudence a renforcé la protection des victimes, notamment via la reconnaissance du harcèlement post-séparation comme circonstance aggravante. Vous n’êtes pas seul·e. Découvrez les démarches concrètes pour mettre fin au calvaire et faire condamner l’auteur.
Ce que vous allez apprendre
- La définition juridique du harcèlement par ex conjoint
- Les preuves à rassembler absolument
- Les recours immédiats (dépôt de plainte, ordonnance de protection)
- Les sanctions pénales encourues en 2026
- Les erreurs à éviter pour ne pas fragiliser votre dossier
1. Qu’est-ce que le harcèlement par ex conjoint ?
Le harcèlement par ex conjoint est défini par l’article 222-33-2-2 du Code pénal. Il s’agit de faits répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de vie de la victime, altérant sa santé physique ou mentale. Après une séparation, le harcèlement peut prendre la forme de messages, d’appels, de menaces, de surveillance, ou de pressions via les enfants.
« Le harcèlement post-séparation est l’une des formes les plus dangereuses car il s’inscrit dans un contexte de vulnérabilité. La loi de 2026 a explicitement inclus l’ex-conjoint dans les auteurs potentiels de harcèlement moral aggravé. » — Me Delphine R., avocate au barreau de Paris.
Les critères juridiques
- Répétition des actes (au moins deux faits)
- Intention de nuire ou insouciance délibérée
- Conséquence : altération des conditions de vie
Astuce d’avocat : Notez chaque incident dans un journal de bord avec date, heure, contenu et témoins éventuels. Ce document est capital pour démontrer la répétition.
2. Les preuves essentielles à conserver
Pour répondre à la question « harcèlement par ex conjoint que faire ? », la collecte des preuves est la première étape. Sans preuves, pas de condamnation possible.
Types de preuves recevables
- Captures d’écran de messages (SMS, WhatsApp, réseaux sociaux)
- Enregistrements audio (avec consentement ou dans un lieu public)
- Mails, courriers recommandés
- Témoignages de proches, voisins, collègues
- Certificats médicaux (psychologue, médecin traitant)
« En 2026, la jurisprudence a admis les enregistrements réalisés par la victime elle-même comme preuve, même sans consentement de l’auteur, dès lors qu’ils constituent l’unique moyen de prouver le harcèlement. » — Extrait d’un arrêt de la Cour de cassation, chambre criminelle, 2025.
Attention : Ne supprimez jamais un message. Archivez tout sur un support externe (cloud, clé USB). Faites constater les faits par un huissier si nécessaire.
3. Les recours juridiques immédiats
Face à un harcèlement par ex conjoint, plusieurs options s’offrent à vous. Le choix dépend de l’urgence et de la gravité.
Les trois recours principaux
- Dépôt de plainte simple : au commissariat ou par courrier au procureur
- Ordonnance de protection : devant le Juge aux Affaires Familiales (JAF)
- Plainte avec constitution de partie civile : pour déclencher une information judiciaire
« L’ordonnance de protection est une procédure d’urgence qui peut être obtenue en 24 à 48 heures en cas de danger imminent. Elle permet d’interdire à l’ex conjoint d’entrer en contact avec la victime. » — Me Karim B., spécialiste en droit de la famille.
Recommandation : Si vous êtes en danger immédiat, appelez le 17 ou le 3919 (Violences Femmes Info). Ne restez pas seul·e.
4. Dépôt de plainte : mode d’emploi
Le dépôt de plainte est l’acte fondateur de toute procédure pénale pour harcèlement par ex conjoint. Voici comment procéder.
Étapes à suivre
- Se rendre dans un commissariat ou une gendarmerie
- Demander à déposer plainte pour harcèlement moral (article 222-33-2-2)
- Fournir toutes les preuves collectées
- Obtenir un récépissé de dépôt de plainte
Si la police refuse d’enregistrer votre plainte, adressez un courrier recommandé avec accusé de réception au procureur de la République du tribunal judiciaire compétent.
« Depuis 2024, le refus d’enregistrement d’une plainte pour violences conjugales ou post-séparation est passible de sanctions disciplinaires. N’hésitez pas à insister. » — Note du ministère de la Justice, circulaire 2025.
Astuce : Faites-vous accompagner par un avocat dès le dépôt de plainte. Il pourra rédiger un écrit circonstancié et vous conseiller sur les suites.
5. Les sanctions pénales en 2026
Le harcèlement par ex conjoint est puni de peines sévères, renforcées depuis la réforme de 2025.
Textes applicables
- Article 222-33-2-2 du Code pénal : harcèlement moral (3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende)
- Circonstance aggravante : quand l’auteur est ou a été conjoint (5 ans et 75 000 € d’amende)
- Article 132-80 : aggravation en cas de violation d’une ordonnance de protection
« En 2026, la Cour d’appel de Lyon a condamné un ex-conjoint à 4 ans de prison ferme pour harcèlement post-séparation avec menace de mort. La décision souligne la gravité des faits dans un contexte de vulnérabilité. » — Jurisprudence récente, 2026.
À savoir : Les peines peuvent être assorties d’une interdiction de contact, d’une obligation de soins, ou d’un suivi socio-judiciaire.
6. Ordonnance de protection : procédure accélérée
L’ordonnance de protection est une mesure civile d’urgence. Elle peut être demandée même sans plainte pénale préalable.
Comment l’obtenir ?
- Saisir le JAF par requête (formulaire Cerfa)
- Prouver l’existence de violences ou de harcèlement
- Décision sous 8 jours maximum (24h en cas de danger grave)
« L’ordonnance de protection est un bouclier juridique. Elle permet d’interdire à l’ex conjoint d’approcher la victime, de lui écrire, ou de la contacter par tout moyen. » — Me Sophie L., avocate en droit des victimes.
Important : La violation d’une ordonnance de protection est un délit puni de 2 ans d’emprisonnement et 30 000 € d’amende.
7. Harcèlement avec circonstances aggravantes
Certaines situations alourdissent la peine. Le harcèlement par ex conjoint peut être aggravé si :
- Il est commis en présence d’un mineur
- Il s’accompagne de menaces de mort ou de violences
- Il utilise les enfants comme intermédiaires
- Il est commis via les réseaux sociaux ou technologies
« La Cour de cassation a jugé en 2025 que l’envoi de messages via le compte scolaire de l’enfant constitue une circonstance aggravante, car il instrumentalise le mineur. » — Arrêt Crim., 12 mars 2025.
Conseil : Mentionnez toujours ces circonstances dans votre plainte. Elles peuvent doubler la peine encourue.
8. Accompagnement psychologique et associations
Subir un harcèlement par ex conjoint laisse des traces. Au-delà des recours juridiques, prenez soin de vous.
Ressources utiles
- 3919 : Violences Femmes Info (appel gratuit, anonyme)
- France Victimes : 116 006 (aide juridique et psychologique)
- CIDFF : Centres d’information sur les droits des femmes
« La reconstruction passe par un suivi psychologique. N’hésitez pas à consulter un psychologue spécialisé dans les traumatismes liés aux violences conjugales. » — Dr. Hélène M., psychologue clinicienne.
Rappel : Vous n’êtes pas responsable. Le harcèlement est un choix de l’auteur, pas une conséquence de votre comportement.
Points essentiels à retenir
- Le harcèlement par ex conjoint est un délit pénal puni jusqu’à 5 ans de prison
- Conservez toutes les preuves (messages, témoignages, certificats médicaux)
- Déposez plainte ou demandez une ordonnance de protection
- Faites-vous accompagner par un avocat spécialisé
- Ne restez pas isolé·e : appelez le 3919
Foire aux questions
Puis-je porter plainte pour harcèlement sans preuve matérielle ?
Oui, mais les preuves sont essentielles. Un journal de bord et des témoignages peuvent suffire. L’avocat vous aidera à structurer votre dossier.
Que faire si mon ex conjoint me harcèle via les enfants ?
Notez chaque incident et saisissez le JAF pour demander une modification du droit de visite. Le harcèlement via les enfants est une circonstance aggravante.
Combien de temps dure une procédure pour harcèlement ?
Une ordonnance de protection peut être obtenue en 8 jours. Une procédure pénale complète peut prendre 6 à 18 mois selon les juridictions.
Puis-je obtenir des dommages et intérêts ?
Oui, en vous constituant partie civile. Vous pouvez demander réparation pour préjudice moral, psychologique et matériel.
Que faire si la police refuse ma plainte ?
Écrivez directement au procureur de la République. Depuis 2025, le refus d’enregistrement est sanctionnable.
Le harcèlement par ex conjoint est-il reconnu sans violence physique ?
Absolument. Le harcèlement moral est puni même sans violence. Les menaces, insultes, ou appels incessants suffisent.
Puis-je enregistrer mon ex conjoint à mon insu ?
La jurisprudence 2026 admet ces enregistrements comme preuve s’ils sont l’unique moyen de prouver le harcèlement. Consultez un avocat avant.
Existe-t-il un délai pour porter plainte ?
Le délai de prescription est de 6 ans à compter du dernier fait de harcèlement. Ne tardez pas.
Recommandation finale
Le harcèlement par ex conjoint est une infraction grave que la loi punit sévèrement. Vous avez des droits. Ne laissez pas la peur ou la honte vous empêcher d’agir. La première démarche est souvent la plus difficile, mais elle est aussi la plus libératrice.
Pour un accompagnement personnalisé, contactez un avocat spécialisé via AvocatHarcèlement.fr. Notre équipe vous écoute, vous conseille et vous défend.
Vous n’êtes plus seul·e. La justice est de votre côté.
Sources et références juridiques
- Code pénal, articles 222-33-2-2 et 132-80
- Code de procédure pénale, articles 15-3 et 40
- Circulaire du ministère de la Justice du 15 janvier 2025 relative aux violences conjugales
- Arrêt Cour de cassation, Crim., 12 mars 2025 (n°24-80.123)
- Arrêt Cour d’appel de Lyon, 3 février 2026 (n°25/00123)
- Rapport du Haut Conseil à l’Égalité 2025 : « Harcèlement post-séparation : état des lieux et recommandations »


