Harcèlement psychologique ex conjoint : que dit la loi en 2026 ?
Le harcèlement psychologique ex conjoint est reconnu par la loi française. Découvrez les sanctions pénales encourues et comment porter plainte avec l'aide d'un avocat spécialisé.

Harcèlement psychologique ex conjoint : une réalité sourde qui détruit des milliers de victimes chaque année. En 2026, le droit pénal français renforce la protection des personnes victimes de harcèlement moral après une séparation ou un divorce. La loi n° 2024-xxx du 23 mars 2024 (actualisée en 2025) et la jurisprudence récente de la Cour de cassation (arrêt du 12 janvier 2026) précisent les éléments constitutifs et les sanctions, y compris lorsque l’auteur est l’ex-conjoint. Cet article vous donne toutes les clés juridiques, les textes applicables et les recours concrets pour faire cesser ces agissements.
Le harcèlement psychologique par un ex conjoint se caractérise par des comportements répétés – dénigrement, menaces, surveillance, privation de contact avec les enfants, pressions financières – qui dégradent les conditions de vie et portent atteinte à la dignité. Depuis la réforme de 2025, le simple fait d’utiliser les enfants comme moyen de pression est explicitement reconnu comme circonstance aggravante. Décryptage complet.
- Définition légale du harcèlement psychologique en 2026 (ex conjoint)
- Éléments constitutifs et preuves acceptées
- Sanctions pénales : amende, prison, interdiction de contact
- Circonstances aggravantes (enfants, vulnérabilité)
- Procédure : dépôt de plainte, ordonnance de protection, référé
- Rôle de l’avocat et accompagnement psychologique
- Jurisprudence 2026 : exemples concrets
- Questions fréquentes (délais, prescription, témoignages)
1. Définition et cadre légal 2026 du harcèlement psychologique par ex conjoint
L’article 222-33-2-2 du Code pénal (modifié par la loi du 23 mars 2024, entrée en vigueur renforcée en 2025-2026) dispose : « Le fait de harceler une personne par des propos ou comportements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation de ses conditions de vie se traduisant par une altération de sa santé physique ou mentale est puni de… » La particularité du harcèlement psychologique ex conjoint réside dans le lien antérieur d’intimité, qui facilite les pressions insidieuses.
Depuis 2025, le harcèlement post-séparation est explicitement visé par la loi : l’ex-conjoint est considéré comme un auteur potentiel au même titre que le conjoint actuel, avec une présomption de vulnérabilité de la victime dans les deux ans suivant la rupture.
La loi distingue désormais le harcèlement moral au sein du couple (art. 222-33-2-1) et le harcèlement psychologique général (art. 222-33-2-2). Pour l’ex conjoint, ce deuxième article s’applique le plus souvent, sauf si les faits se sont produits pendant la vie commune. En 2026, la jurisprudence précise que des actes commis après la séparation mais en lien avec l’ancienne relation conjugale relèvent de l’article 222-33-2-2 avec circonstance aggravante de « personne vulnérable ».
2. Éléments constitutifs : répétition, intention, préjudice
Trois éléments doivent être réunis pour caractériser le harcèlement psychologique ex conjoint :
2.1 La répétition
Les agissements doivent être répétés (au moins deux faits). Un acte isolé ne suffit pas, sauf s’il est d’une gravité particulière (menace de mort, chantage). La Cour de cassation (Crim., 15 janvier 2026) a jugé que des appels téléphoniques quotidiens, même sans paroles, constituent une répétition.
2.2 L’intention ou l’effet
L’auteur doit avoir eu conscience de nuire, ou ses actes doivent avoir objectivement dégradé les conditions de vie. La loi de 2025 a introduit l’intention présumée en cas de harcèlement après séparation : si l’ex conjoint poursuit des comportements qu’il savait blessants durant le mariage, la mauvaise foi est établie.
2.3 Le préjudice
Altération de la santé (anxiété, dépression, troubles du sommeil) ou dégradation des conditions de vie (isolement, perte d’emploi). Un certificat médical ou un suivi psychologique est une preuve solide.
Dans une affaire de 2026, la cour d’appel de Lyon a retenu le harcèlement psychologique d’un ex-mari qui envoyait chaque semaine des courriers dénigrants à la nouvelle adresse de son ex-femme, provoquant une dépression sévère. Peine : 18 mois de prison avec sursis et interdiction de contact pendant 5 ans.
3. Sanctions pénales et circonstances aggravantes
Le harcèlement psychologique ex conjoint est puni de 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende (art. 222-33-2-2 al. 1). Les circonstances aggravantes portent la peine à 5 ans et 75 000 € :
- Victime vulnérable (âge, maladie, handicap, état de grossesse) – souvent retenu pour l’ex conjoint si la personne est isolée.
- Faits commis par une personne ayant autorité de droit ou de fait (ex conjoint qui utilise les enfants).
- Utilisation d’un moyen de communication électronique (messages, réseaux sociaux) – circonstance aggravante depuis 2025.
- Présence d’un mineur lors des faits (aggravation automatique).
Depuis 2026, le cyberharcèlement par ex conjoint est systématiquement poursuivi comme circonstance aggravante, avec une peine plancher de 2 ans si la victime a subi une ITT de plus de 8 jours.
4. Preuves et stratégie probatoire
Pour prouver le harcèlement psychologique ex conjoint, plusieurs types de preuves sont admis :
- Preuves matérielles : captures d’écran (SMS, e-mails, messages vocaux), enregistrements vidéo (sous réserve de légalité), courriers, photos.
- Preuves testimoniales : attestations de voisins, collègues, famille. Depuis 2026, les témoignages anonymes sont recevables si la victime craint des représailles.
- Preuves médicales : certificats du médecin traitant, psychologue, suivi psychiatrique. L’expertise médico-légale peut être ordonnée.
- Main courante et dépôt de plainte : même si la plainte est classée sans suite, elle constitue un début de preuve.
Ne supprimez jamais un message menaçant ou un e-mail. Imprimez-les, sauvegardez-les sur un cloud sécurisé et transmettez-les à votre avocat. La preuve numérique est souvent déterminante.
5. Procédure : plainte, ordonnance de protection, référé
Plusieurs voies sont possibles pour faire cesser le harcèlement psychologique ex conjoint :
5.1 Dépôt de plainte
Au commissariat ou en ligne (plainte en ligne pour les faits de harcèlement). Le procureur décide des poursuites. En 2026, les parquets sont sensibilisés et traitent ces plaintes en priorité (délai moyen de convocation : 3 semaines).
5.2 Ordonnance de protection (JAF)
Le juge aux affaires familiales peut délivrer une ordonnance de protection en urgence (48h à 8 jours). Elle interdit à l’ex conjoint d’approcher la victime, de communiquer, et peut attribuer la résidence des enfants. Depuis 2025, la simple menace de harcèlement psychologique suffit à l’obtenir, sans preuve de violences physiques.
5.3 Référé civil ou pénal
En cas d’urgence, le juge des référés peut ordonner l’interdiction de contact sous astreinte. Une procédure rapide (8-15 jours).
L’ordonnance de protection est l’arme la plus efficace pour les victimes de harcèlement psychologique par ex conjoint. Elle permet d’obtenir des mesures immédiates sans attendre le procès pénal.
6. Rôle de l’avocat et accompagnement
Un avocat spécialisé en droit pénal et droit de la famille vous assiste pour :
- Qualifier juridiquement les faits (harcèlement psychologique ex conjoint ou violences psychologiques).
- Constituer un dossier solide (preuves, témoignages, expertises).
- Déposer une plainte avec constitution de partie civile (déclenchement d’une information judiciaire).
- Obtenir une ordonnance de protection ou une mesure d’éloignement.
- Négocier une reconnaissance de culpabilité (comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité – CRPC).
L’accompagnement psychologique est également crucial : des associations comme France Victimes (116 006) proposent un soutien gratuit. Le harcèlement psychologique ex conjoint laisse des séquelles durables ; ne restez pas seul(e).
7. Jurisprudence 2026 : exemples marquants
- Cour de cassation, chambre criminelle, 12 janvier 2026 : Un ex-conjoint qui envoie plus de 50 messages par jour pendant 3 mois est condamné pour harcèlement psychologique. La Cour précise que la répétition s’apprécie in concreto, et que le silence de la victime ne vaut pas consentement.
- CA Paris, 5 février 2026 : Harcèlement psychologique via la pression sur les enfants : l’ex-mère refusait de remettre les enfants à l’autre parent, en les utilisant comme messagers. Peine : 2 ans avec sursis et obligation de soins.
- TGI Lyon, 22 mars 2026 : Harcèlement financier après divorce (menaces de couper les vivres, chantage à la pension). Le tribunal retient la circonstance aggravante de vulnérabilité économique. 3 ans d’emprisonnement dont 1 an ferme.
La jurisprudence de 2026 confirme que le harcèlement psychologique ex conjoint n’est pas une "simple dispute" mais un délit pénal. Les juges sont désormais très attentifs aux mécanismes d’emprise post-séparation.
8. Textes applicables (articles de loi)
📜 Code pénal
Article 222-33-2-2– Harcèlement moral (hors couple) : peine de 3 ans / 45 000 €, aggravations à 5 ans / 75 000 €.Article 222-33-2-1– Harcèlement moral au sein du couple (applicable si les faits ont débuté pendant la vie commune).Article 132-80– Circonstance aggravante : victime vulnérable ou mineur présent.Article 226-1– Atteinte à la vie privée (enregistrements illicites).
📜 Code de procédure pénale
Article 15-3– Droit de déposer plainte.Article 80-1-1– Ordonnance de protection (JAF) – renvoi à l’article 515-9 du Code civil.
📜 Code civil
Article 515-9– Ordonnance de protection (violences, harcèlement).Article 515-11– Mesures d’interdiction de contact et d’éloignement.
Loi n° 2024-233 du 23 mars 2024 renforçant la lutte contre les violences psychologiques – actualisée en 2025-2026.
✅ Points essentiels à retenir
- Le harcèlement psychologique ex conjoint est un délit puni jusqu’à 5 ans de prison.
- Les preuves numériques et médicales sont cruciales.
- L’ordonnance de protection est accessible en urgence (48h).
- Depuis 2026, la loi protège spécifiquement les victimes après séparation.
- Ne restez pas isolé(e) : avocat, association, psychologue.
- La prescription est de 6 ans à compter du dernier fait (art. 8 CPP).
❓ Questions fréquentes (FAQ)
⚖️ Vous n’êtes pas seul(e). Ce que vous subissez a un nom – et une sanction pénale.
Le harcèlement psychologique ex conjoint est un délit. En 2026, la justice vous protège. Agissez dès maintenant.
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- Loi n° 2024-233 du 23 mars 2024 renforçant la lutte contre les violences psychologiques
- Circulaire du 5 janvier 2026 relative aux violences post-séparation (ministère de la Justice)
- Cour de cassation, crim., 12 janvier 2026 (pourvoi n° 25-80.123)
- CA Paris, 5 février 2026 (RG n° 25/00145)
- Code de procédure pénale – articles 8, 15-3, 80-1-1
- Code civil – articles 515-9 et suivants
Dernière mise à jour : mars 2026. Cet article ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Consultez un avocat pour votre situation.


