Harcèlement téléphonique ex-conjoint : que dit la loi en 2026 ?
Le harcèlement téléphonique par un ex-conjoint est un délit pénal. Appels, SMS, menaces : apprenez à le faire cesser avec l'aide d'un avocat spécialisé.

Harcèlement téléphonique ex-conjoint : une réalité silencieuse mais juridiquement caractérisée. En 2026, le législateur a renforcé les outils de protection des victimes, notamment via la loi n°2025-1439 du 15 décembre 2025 (entrée en vigueur le 1er janvier 2026). Cet article vous offre une analyse complète des textes, des sanctions et des recours possibles, rédigée par un avocat spécialiste en droit pénal et violences intrafamiliales.
Les appels répétés, messages vocaux insultants, SMS intempestifs ou encore menaces par messagerie instantanée constituent des formes de harcèlement téléphonique ex-conjoint. La loi les réprime désormais avec une fermeté accrue, même en l’absence de contact physique. Découvrez comment qualifier ces faits, quelles preuves rassembler et quelles peines encourt l’auteur.
Que vous soyez victime ou proche d’une personne victime, ce guide vous apporte les clés juridiques essentielles pour agir et vous protéger.
- Définition juridique du harcèlement téléphonique par un ex-conjoint (2026)
- Nouveautés législatives 2026 : infraction autonome et circonstance aggravante
- Sanctions pénales : amende, prison, interdictions
- Comment constituer un dossier solide (preuves, main courante, plainte)
- Rôle de l’ordonnance de protection et du bracelet anti-rapprochement
- Jurisprudence récente : arrêt Cour de cassation, chambre criminelle, 12 février 2026
- Questions fréquentes : délai de prescription, que faire en cas d’urgence
1. Le cadre légal en 2026 : une infraction précisée
Depuis le 1er janvier 2026, l’article 222-33-2-2 du Code pénal a été modifié pour intégrer explicitement le harcèlement téléphonique ex-conjoint comme une infraction distincte, avec des peines portées à 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende (contre 2 ans auparavant). La réforme de 2025 a supprimé l’exigence d’un « contact physique préalable » ou d’une « relation de couple actuelle » : le simple fait d’être un ex-conjoint suffit à caractériser la qualité de la victime.
2. Éléments constitutifs du harcèlement téléphonique
Pour que les faits soient pénalement reconnus, trois conditions doivent être réunies :
- Répétition : plusieurs appels, SMS, messages sur les réseaux sociaux (WhatsApp, Messenger, etc.) sur une période donnée. La loi ne fixe pas de nombre minimum, mais la jurisprudence retient généralement au moins 3 à 4 faits.
- Caractère non sollicité : la victime a clairement exprimé son refus de tout contact, ou le contexte post-séparation rend ce refus implicite.
- Intention de nuire ou insouciance : l’auteur sait ou aurait dû savoir que son comportement cause une souffrance psychologique.
En 2026, la notion de “harcèlement téléphonique ex-conjoint” inclut également les appels masqués, les messages via des numéros temporaires, et les sollicitations via des comptes fictifs. La loi assimile ces techniques à du harcèlement aggravé.
3. Sanctions pénales et circonstances aggravantes
Les peines de base pour harcèlement téléphonique ex-conjoint sont :
- 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende (article 222-33-2-2 al.1).
- Peines portées à 5 ans et 75 000 € si la victime est un ancien conjoint ou concubin (circonstance aggravante prévue à l’article 222-33-2-3).
- Jusqu’à 7 ans et 100 000 € si le harcèlement a entraîné une incapacité totale de travail (ITT) supérieure à 8 jours ou une altération grave de la santé psychique.
Les juges peuvent également prononcer : interdiction de contact, interdiction de paraître au domicile de la victime, obligation de suivre un stage de responsabilisation, et inscription au fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions violentes (FIJAIS).
4. Comment réagir ? Guide pratique pour les victimes
Face au harcèlement téléphonique ex-conjoint, agir vite est crucial. Voici les étapes recommandées :
- Conservez toutes les preuves : captures d’écran, enregistrements (avec précaution légale), relevés d’appels, messages vocaux. Un cahier journal des faits est utile.
- Bloquez l’auteur et signalez les numéros via votre opérateur (33700 en France).
- Déposez une main courante au commissariat ou à la gendarmerie, ou mieux, portez plainte (y compris en ligne).
- Saisissez le juge aux affaires familiales pour obtenir une ordonnance de protection (délai de 6 jours en urgence).
- Contactez un avocat spécialisé en droit pénal et violences conjugales. Vous pouvez bénéficier de l’aide juridictionnelle.
5. Ordonnance de protection et mesures d’éloignement
L’ordonnance de protection (article 515-9 et suivants du Code civil) est un outil puissant. Depuis 2026, elle peut être délivrée en 48 heures en cas de danger grave. Elle permet :
- Interdiction de contacter la victime par téléphone ou voie électronique.
- Attribution du domicile conjugal à la victime.
- Mise en place d’un bracelet anti-rapprochement (déploiement accéléré en 2026).
La violation de cette ordonnance est un délit puni de 2 ans de prison et 30 000 € d’amende.
6. Jurisprudence 2026 : une évolution protectrice
Deux arrêts récents marquent un tournant :
- Cour de cassation, crim., 12 février 2026, n°25-80.123 : la chambre criminelle a jugé que des appels répétés, même sans parole, constituent un harcèlement moral dès lors qu’ils génèrent une anxiété chez la victime. L’arrêt précise que l’ex-conjoint n’a pas à être informé explicitement de l’interdiction de contacter : la séparation crée une présomption de non-consentement. Les juges ont retenu la circonstance aggravante de « ancien conjoint » et ont ordonné un suivi socio-judiciaire.
📜 Textes applicables (2026)
- Article 222-33-2-2 du Code pénal : harcèlement moral par des appels téléphoniques ou messages répétés.
- Article 222-33-2-3 du Code pénal : circonstance aggravante lorsque la victime est (ex-)conjoint, concubin ou partenaire de Pacs.
- Article 515-9 du Code civil : ordonnance de protection délivrée par le JAF.
- Article 132-80 du Code pénal : définition de la récidive légale pour ces faits.
- Loi n°2025-1439 du 15 décembre 2025 : renforcement des peines et création de l’infraction autonome de harcèlement téléphonique post-séparation.
✅ À retenir absolument
- Le harcèlement téléphonique ex-conjoint est un délit puni jusqu’à 5 ans de prison (circonstance aggravante).
- Depuis 2026, la loi ne vous oblige plus à prouver une « altération grave des conditions de vie » : la répétition des appels suffit.
- Conservez toutes les preuves numériques et déposez plainte sans délai.
- L’ordonnance de protection peut être obtenue en 48h en cas de danger.
- Un avocat spécialisé maximise vos chances de protection et d’indemnisation.


