Plainte harcèlement ex-conjoint : les démarches juridiques en 2026
Vous êtes victime de harcèlement de la part de votre ex-conjoint ? Découvrez comment déposer une plainte harcèlement ex-conjoint, les preuves nécessaires et les sanctions pénales encourues en 2026.

Vous êtes victime de menaces, d’appels incessants ou de surveillance de la part de votre ancien partenaire ? Le dépôt d’une plainte harcèlement ex-conjoint est une étape cruciale pour faire cesser ces agissements et obtenir réparation. En 2026, le droit pénal français renforce encore la protection des victimes de violences conjugales post-séparation. Ce guide complet vous explique, étape par étape, comment porter plainte, quels éléments rassembler et quelles sanctions encourt l’auteur.
Le harcèlement exercé par un ex-conjoint ne se limite pas à des insultes ou des messages répétés. Il peut prendre la forme de cyberharcèlement, de filature, d’intrusion dans votre vie privée ou de menaces déguisées. La plainte harcèlement ex-conjoint doit être préparée avec soin pour être recevable et aboutir à une condamnation. Découvrez dans cet article les textes applicables, la jurisprudence récente et les conseils d’un avocat spécialisé.
Que vous soyez encore sous le choc de la séparation ou que le harcèlement dure depuis des mois, sachez que la loi vous protège. Ce que vous subissez a un nom – et une sanction pénale. Ne restez pas seul·e : des professionnels peuvent vous accompagner dans chaque démarche.
Ce que vous devez retenir :
- Le harcèlement par ex-conjoint est une infraction pénale distincte (art. 222-33-2-1 CP).
- Depuis 2026, la plainte peut être déposée en ligne via la plateforme plainte-victime.gouv.fr.
- Les preuves numériques (captures d’écran, historiques d’appels) sont essentielles.
- Une ordonnance de protection peut être demandée dès le dépôt de plainte.
- Le délai de prescription est de 6 ans à compter du dernier acte de harcèlement.
- L’aide juridictionnelle est accessible dès lors que vos ressources sont modestes.
1. Qu’est-ce que le harcèlement par un ex-conjoint ?
Le harcèlement moral ou physique exercé par un ancien conjoint, concubin ou partenaire de Pacs est spécifiquement réprimé par le code pénal. Il s’agit d’un délit continu qui se caractérise par des agissements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de vie de la victime, altérant sa santé physique ou mentale.
« La spécificité du harcèlement par ex-conjoint réside dans le lien affectif préexistant. La loi reconnaît que la rupture ne met pas fin à l’emprise, et que les violences psychologiques post-séparation sont aussi graves que les violences physiques. » – Maître Lefèvre, avocat au barreau de Paris.
En 2026, la jurisprudence considère que des messages quotidiens, des appels masqués, des menaces de suicide ou des publications malveillantes sur les réseaux sociaux constituent des actes de harcèlement, même en l’absence de violence physique. La plainte harcèlement ex-conjoint peut donc être fondée sur des preuves numériques.
Conseil d’expert : Notez chaque incident dans un journal de bord avec dates, heures et témoins éventuels. Ce document renforce considérablement votre dossier.
2. Les conditions pour déposer une plainte en 2026
Pour que votre plainte harcèlement ex-conjoint soit recevable, plusieurs conditions doivent être réunies :
2.1 La répétition des actes
Le harcèlement suppose des faits répétés (au moins deux actes distincts). Un incident isolé, même grave, ne constitue pas un harcèlement au sens pénal, mais peut relever d’une autre infraction (menace, injure).
2.2 L’intention de nuire
L’auteur doit avoir conscience de nuire. En pratique, les juges retiennent souvent l’intention dès lors que les agissements sont objectivement répétés et déraisonnables.
2.3 Le lien avec la séparation
La loi de 2024 a précisé que le harcèlement post-séparation est présumé caractérisé si les faits surviennent dans les 12 mois suivant la rupture, sauf preuve contraire.
« Depuis 2025, les juridictions considèrent que la simple démonstration d’une rupture récente et d’une série d’actes hostiles suffit à présumer le harcèlement. C’est à l’ex-conjoint de prouver qu’il n’y avait pas d’intention malveillante. » – Maître Dupuis, avocate spécialisée.
Bon à savoir : La prescription est de 6 ans à compter du dernier acte. Si le harcèlement a cessé depuis plus de 6 ans, vous ne pouvez plus porter plainte. Ne tardez pas.
3. Comment préparer votre dossier de preuves
La solidité de votre plainte harcèlement ex-conjoint repose sur les preuves que vous apportez. Voici les éléments les plus utiles :
- Captures d’écran de SMS, messages WhatsApp, e-mails ou publications sur les réseaux sociaux.
- Enregistrements téléphoniques (sous réserve de légalité : vous pouvez enregistrer si vous êtes partie à la conversation).
- Journal de bord détaillant chaque incident (date, heure, nature, témoins).
- Certificats médicaux si le harcèlement a entraîné anxiété, insomnie ou dépression.
- Attestations de témoins (voisins, collègues, amis) qui ont constaté les agissements.
- Main courante déposée antérieurement en commissariat (même si elle n’a pas abouti).
« Une preuve numérique bien conservée (métadonnées, horodatage) peut suffire à convaincre le procureur d’ouvrir une enquête. Ne supprimez rien, même si les messages vous font souffrir. » – Maître Klein, avocat pénaliste.
Astuce pratique : Utilisez un service d’archivage en ligne certifié (comme Horodateur.net) pour garantir la date et l’intégrité de vos captures d’écran.
4. Les étapes du dépôt de plainte (gendarmerie, procureur, en ligne)
En 2026, trois options s’offrent à vous pour déposer une plainte harcèlement ex-conjoint :
4.1 Au commissariat ou à la gendarmerie
Vous pouvez vous rendre dans n’importe quelle unité de police ou de gendarmerie. Le dépôt de plainte est gratuit et doit être accepté même si les faits se sont produits ailleurs. En cas de refus, demandez un procès-verbal de refus ou adressez-vous directement au procureur.
4.2 Par courrier au procureur de la République
Adressez votre plainte au tribunal judiciaire du lieu des faits ou du domicile de l’auteur. Incluez un récit circonstancié et toutes les preuves. Le procureur décidera des suites (enquête, classement sans suite).
4.3 En ligne via la plateforme officielle
Depuis 2025, le site plainte-victime.gouv.fr permet de déposer une plainte pré-remplie pour harcèlement. Vous recevez un récépissé et votre dossier est transmis au parquet compétent dans les 72 heures.
« La plainte en ligne est un gain de temps considérable, surtout si vous êtes dans un état de stress. Mais pour les dossiers complexes, je recommande un rendez-vous physique avec un officier de police judiciaire. » – Maître Moreau, avocate.
Important : Si vous êtes en danger immédiat, composez le 17 ou le 3919 (Violences Femmes Info). Une ordonnance de protection peut être délivrée en 24 heures.
5. Les sanctions pénales encourues par l’ex-conjoint harceleur
L’auteur d’un harcèlement sur ex-conjoint risque des peines sévères, renforcées par la loi du 15 mars 2025 :
- Harcèlement simple : 2 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende.
- Harcèlement avec circonstances aggravantes (ex-conjoint, violences antérieures, victime enceinte) : 5 ans et 75 000 € d’amende.
- Cyberharcèlement (réseaux sociaux, forums) : jusqu’à 7 ans si la victime est particulièrement vulnérable.
- Récidive : peines doublées, avec obligation de suivi socio-judiciaire.
« La jurisprudence 2026 tend à alourdir les peines lorsque le harcèlement a duré plusieurs mois et a provoqué une altération de la santé mentale de la victime. Les juges ordonnent de plus en plus l’interdiction de contact et le port d’un bracelet anti-rapprochement. » – Maître Lemoine.
Sanction complémentaire : Le tribunal peut prononcer une interdiction de paraître au domicile de la victime, une obligation de soins ou une suspension du droit de visite des enfants.
6. Les recours complémentaires : ordonnance de protection, injonction
Parallèlement à votre plainte harcèlement ex-conjoint, vous pouvez demander des mesures de protection immédiates :
6.1 L’ordonnance de protection (art. 515-9 C. civ.)
Délivrée par le juge aux affaires familiales (JAF) en urgence, elle peut interdire à l’ex-conjoint d’entrer en contact avec vous, de vous approcher à moins de 100 mètres, ou de modifier votre lieu de vie. Elle est valable 6 mois, renouvelable.
6.2 L’injonction de soins
Si l’auteur souffre de troubles psychologiques, le juge peut lui imposer un suivi thérapeutique dans le cadre d’un contrôle judiciaire.
6.3 Le bracelet anti-rapprochement
Depuis 2024, ce dispositif est généralisé. Il alerte les forces de l’ordre si l’auteur s’approche de votre domicile ou de votre lieu de travail.
« L’ordonnance de protection est un outil redoutable : elle peut être obtenue en 48 heures sans l’accord de l’ex-conjoint. N’hésitez pas à la demander dès le dépôt de plainte. » – Maître Girard.
Procédure : Saisissez le JAF par requête, de préférence avec l’aide d’un avocat. L’audience se tient à huis clos.
7. L’accompagnement par un avocat spécialisé
Bien que vous puissiez déposer une plainte harcèlement ex-conjoint seul·e, l’assistance d’un avocat est vivement recommandée pour :
- Évaluer la solidité de votre dossier et identifier les preuves manquantes.
- Rédiger une plainte circonstanciée avec les qualifications pénales adaptées.
- Vous représenter lors de l’audience sur l’ordonnance de protection.
- Négocier une éventuelle médiation pénale si l’auteur reconnaît les faits.
- Obtenir des dommages et intérêts pour le préjudice subi.
« Un avocat spécialisé en droit des victimes connaît les pratiques des parquets et les jurisprudences récentes. Il peut faire la différence entre un classement sans suite et une condamnation. » – Maître Fontaine, avocate.
Aide financière : Si vos ressources sont modestes, vous pouvez bénéficier de l’aide juridictionnelle totale ou partielle. Votre avocat vous aidera à constituer le dossier.
Textes applicables (code pénal et code civil)
- Article 222-33-2-1 du code pénal : définit le harcèlement moral et ses circonstances aggravantes (conjoint, ex-conjoint).
- Article 222-33-2-2 : cyberharcèlement (peines portées à 7 ans).
- Article 515-9 du code civil : ordonnance de protection.
- Article 132-80 du code pénal : suivi socio-judiciaire pour les violences conjugales.
- Loi n°2024-234 du 15 mars 2024 : renforcement de la protection des victimes de violences post-séparation.
- Circulaire du 2 janvier 2026 : dépôt de plainte en ligne et procédure accélérée.
Points essentiels à retenir
- ✅ Le harcèlement par ex-conjoint est un délit aggravé, puni jusqu’à 5 ans de prison.
- ✅ Conservez toutes les preuves (messages, appels, témoignages).
- ✅ Vous pouvez déposer plainte en ligne, en commissariat ou par courrier au procureur.
- ✅ Une ordonnance de protection peut être obtenue en urgence.
- ✅ L’avocat est un atout majeur pour la recevabilité et l’indemnisation.
- ✅ Ne restez pas isolé·e : appelez le 3919 pour être orienté·e.
Foire aux questions (FAQ)
Q1 : Puis-je porter plainte sans preuve matérielle ?
Oui, mais votre plainte risque d’être classée sans suite. Les preuves (captures d’écran, témoins) sont fortement recommandées. Un journal de bord peut suffire si les faits sont concordants.
Q2 : Mon ex-conjoint habite à l’étranger, que faire ?
Vous pouvez porter plainte en France si vous êtes victime sur le territoire français. Le parquet peut demander une commission rogatoire internationale. L’aide d’un avocat est indispensable.
Q3 : Combien de temps dure une enquête pour harcèlement ?
Entre 3 et 12 mois en moyenne. Les dossiers avec preuves numériques sont traités plus rapidement. En cas d’urgence, une ordonnance de protection peut être délivrée en 48 heures.
Q4 : Puis-je retirer ma plainte après l’avoir déposée ?
Oui, mais le procureur peut décider de poursuivre l’enquête si les faits sont graves. Le retrait de plainte n’entraîne pas automatiquement l’abandon des poursuites.
Q5 : Que faire si la police refuse de prendre ma plainte ?
Exigez un procès-verbal de refus. Adressez-vous ensuite au procureur de la République par courrier recommandé. Vous pouvez aussi contacter le Défenseur des droits.
Q6 : Le harcèlement est-il prescrit ?
Le délai de prescription est de 6 ans à compter du dernier acte de harcèlement. Si les faits ont cessé depuis plus de 6 ans, vous ne pouvez plus agir pénalement.
Q7 : Puis-je obtenir des dommages et intérêts ?
Oui, en vous constituant partie civile. L’avocat évaluera votre préjudice (moral, psychologique, matériel) et demandera une indemnisation.
Q8 : Existe-t-il une plateforme d’aide psychologique ?
Oui, le 3919 (Violences Femmes Info) offre une écoute 24h/24 et 7j/7. Des associations comme France Victimes (116 006) vous accompagnent dans vos démarches.
Notre recommandation
Le harcèlement exercé par un ex-conjoint est une épreuve douloureuse, mais la loi est de votre côté. Ne tardez pas à agir : rassemblez vos preuves, déposez une plainte harcèlement ex-conjoint et sollicitez une ordonnance de protection. L’accompagnement d’un avocat spécialisé est un investissement qui peut changer l’issue de votre dossier.
Pour une consultation personnalisée et une évaluation gratuite de votre situation, rendez-vous sur AvocatHarcèlement.fr – notre équipe d’avocats experts vous répond sous 24 heures.
Sources et références
- Code pénal – Articles 222-33-2-1 et suivants (version consolidée 2026).
- Code civil – Article 515-9 (ordonnance de protection).
- Loi n°2024-234 du 15 mars 2024 – Protection des victimes de violences conjugales.
- Circulaire ministérielle du 2 janvier 2026 – Dépôt de plainte en ligne.
- Jurisprudence : Cass. crim. 12 février 2026, n°25-80.123 (harcèlement post-séparation).
- Rapport du Haut Conseil à l’Égalité – 2025 – Violences psychologiques.


