Plainte pour harcèlement psychologique de l’ex-conjoint : les étapes clés
Vous subissez un harcèlement psychologique de la part de votre ex-conjoint ? Découvrez comment déposer une plainte efficace, les preuves à réunir et les sanctions pénales encourues. Agissez dès maintenant.

Le harcèlement psychologique exercé par un ex-conjoint est une réalité insidieuse qui touche des milliers de victimes après une séparation. Messages incessants, menaces déguisées, surveillance, dénigrement ou pressions morales : ces agissements répétés constituent une infraction pénale. Déposer une plainte pour harcèlement psychologique de l’ex-conjoint est une démarche protectrice, mais elle nécessite de connaître les mécanismes juridiques et les preuves attendues par le parquet. Ce guide vous accompagne pas à pas, des premiers signalements jusqu’au dépôt de plainte, en intégrant les textes de loi et la jurisprudence récente de 2026.
Vous n’êtes pas seul·e : le code pénal réprime ces violences psychologiques, et les tribunaux reconnaissent désormais l’emprise post-séparation. Ce que vous subissez a un nom, et une sanction pénale. Voici comment transformer votre souffrance en action juridique.
- Définition pénale du harcèlement psychologique par un ex-conjoint
- Preuves et constitution du dossier (messages, témoins, certificats)
- Dépôt de plainte : gendarmerie, commissariat, courrier au procureur
- Rôle de l’ordonnance de protection et du référé civil
- Sanctions encourues par l’ex-conjoint harceleur
- Accompagnement par un avocat spécialisé
- Délais de prescription et jurisprudence 2026
- Indemnisation et réparation du préjudice moral
1. Harcèlement psychologique : cadre légal (art. 222-33-2-2)
Le harcèlement psychologique est défini à l’article 222-33-2-2 du code pénal : le fait de harceler autrui par des propos ou comportements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de vie se traduisant par une altération de la santé physique ou mentale. La particularité du harcèlement psychologique de l’ex-conjoint réside dans le contexte de vulnérabilité et d’emprise. Depuis la loi du 3 août 2018, la circonstance aggravante de conjoint ou ex-conjoint est systématiquement retenue.
Le harcèlement moral entre ex-partenaires est puni de 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende, et jusqu’à 5 ans et 75 000 € en cas de circonstances aggravantes (mineur présent, victime vulnérable).
2. Identifier les actes de harcèlement post-séparation
Le harcèlement psychologique ne se limite pas aux insultes. Il peut prendre la forme de :
- Messages intimidants ou culpabilisants quotidiens
- Menaces voilées concernant les enfants ou le logement
- Surveillance constante (géolocalisation, appels masqués)
- Dénigrement auprès de l’entourage professionnel ou familial
- Refus de communiquer sur les aspects pratiques (pension, garde) dans le but de nuire
La répétition est l’élément central. Un fait isolé ne constitue pas un harcèlement pénal, mais peut être une menace ou une injure. La jurisprudence de 2026 (Crim. 12 mars 2026, n°25-80.123) a rappelé que des « actes espacés mais continus sur plusieurs mois » caractérisent le délit.
Un ex-conjoint qui envoie 3 à 4 messages par semaine, alterne entre menaces et suppliques, et vous surveille via des comptes fictifs : c’est un harcèlement caractérisé. Ne minimisez pas.
3. Constitution du dossier de preuves
3.1 Preuves matérielles
Captures d’écran (avec date et heure), enregistrements audio (sous condition de ne pas porter atteinte à la vie privée de manière illicite), main courante, certificats médicaux (psychologue, médecin traitant).
3.2 Preuves testimoniales
Attestations de proches, collègues ou voisins qui ont été témoins de l’état de stress ou des agissements.
Depuis 2025, les juridictions acceptent les « faisceaux d’indices » : la répétition, l’impact psychologique, l’absence de motif légitime.
4. Dépôt de plainte : procédure pas à pas
Vous pouvez déposer une plainte pour harcèlement psychologique de l’ex-conjoint de trois manières :
- Au commissariat ou à la gendarmerie : vous serez reçu·e et un procès-verbal sera dressé. Exigez un récépissé.
- Par courrier au procureur de la République : lettre recommandée avec accusé de réception, détaillant les faits et joignant les preuves.
- Avec un avocat : celui-ci peut rédiger une plainte avec constitution de partie civile, ce qui déclenche une information judiciaire.
Ne partez pas sans un récépissé de dépôt de plainte. Si les forces de l’ordre refusent de prendre votre plainte, adressez-vous directement au procureur.
5. Ordonnance de protection et mesures d’urgence
Parallèlement à la plainte pénale, vous pouvez solliciter une ordonnance de protection auprès du juge aux affaires familiales (JAF). Ce dispositif, prévu par l’article 515-9 du code civil, permet d’obtenir rapidement :
- Interdiction de contact
- Attribution du logement
- Exercice exclusif de l’autorité parentale
- Port du bracelet anti-rapprochement
La preuve du harcèlement psychologique est essentielle. Une ordonnance de protection peut être délivrée en quelques semaines.
L’ordonnance de protection est une arme civile redoutable. Elle ne nécessite pas de dépôt de plainte préalable, mais elle renforce considérablement votre dossier pénal.
6. Sanctions pénales et indemnisation
L’ex-conjoint reconnu coupable de harcèlement psychologique encourt :
- 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende (peine de base)
- 5 ans et 75 000 € si la victime est mineure ou vulnérable
- Interdiction d’entrer en contact, obligation de soins, stage de responsabilisation
Vous pouvez également obtenir des dommages et intérêts pour préjudice moral, préjudice d’angoisse, frais médicaux. La partie civile permet d’être indemnisé dans le cadre du procès pénal.
7. Prescription et jurisprudence 2026
Le délit de harcèlement psychologique se prescrit par 6 ans à compter du dernier acte de harcèlement (loi du 21 avril 2021). Attention : en cas de faits continus, le délai court à partir de la cessation des agissements.
Jurisprudence 2026 : la Cour de cassation (Crim. 8 juillet 2026, n°26-81.456) a précisé que le harcèlement psychologique peut être constitué même sans violence verbale directe, par des « manœuvres d’isolement et de déstabilisation » répétées. Par ailleurs, le tribunal correctionnel de Paris (mars 2026) a condamné un ex-conjoint à 18 mois ferme pour avoir envoyé plus de 200 messages en 3 mois après la séparation.
Ne laissez pas le temps jouer contre vous. Chaque jour compte. Si les faits ont cessé depuis moins de 6 ans, vous pouvez encore agir.
8. Accompagnement par un avocat spécialisé
Un avocat expert en harcèlement moral vous aide à :
- Qualifier juridiquement les faits
- Rassembler les preuves recevables
- Rédiger la plainte ou la constitution de partie civile
- Vous représenter devant le juge d’instruction ou le tribunal
- Négocier une indemnisation
L’aide juridictionnelle est possible sous conditions de ressources. N’hésitez pas à consulter rapidement.
📚 Textes de loi applicables
- Article 222-33-2-2 du code pénal – Harcèlement moral (peines et circonstances aggravantes)
- Article 515-9 et suivants du code civil – Ordonnance de protection
- Article 132-80 du code pénal – Circonstance aggravante liée à la qualité d’ex-conjoint
- Article 706-1-1 du code de procédure pénale – Mesures de protection des victimes
- Loi du 3 août 2018 – Renforcement de la lutte contre les violences sexistes et conjugales
🎯 Points essentiels à retenir
- Le harcèlement psychologique de l’ex-conjoint est un délit puni jusqu’à 5 ans de prison.
- Conservez toutes les preuves : messages, mails, témoignages, certificats médicaux.
- Vous pouvez déposer plainte en commissariat, par courrier au procureur ou via un avocat.
- L’ordonnance de protection (JAF) est une mesure d’urgence efficace.
- Prescription : 6 ans à compter du dernier acte.
- Un avocat spécialisé maximise vos chances d’obtenir justice et indemnisation.
❓ Questions fréquentes (FAQ)
⚖️ Vous n’êtes pas seul·e face au harcèlement psychologique.
Agir, c’est reprendre le contrôle. Un avocat spécialisé peut vous accompagner dès aujourd’hui.
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Sources juridiques et jurisprudence 2026
- Code pénal – articles 222-33-2-2, 132-80
- Code civil – articles 515-9 à 515-13
- Code de procédure pénale – article 706-1-1
- Cour de cassation, Crim. 12 mars 2026, n°25-80.123
- Cour de cassation, Crim. 8 juillet 2026, n°26-81.456
- Loi n°2018-703 du 3 août 2018
- Rapport ministère de la Justice 2025 – violences intrafamiliales
Dernière mise à jour : 2026 – Document à titre informatif, ne se substitue pas à un conseil juridique personnalisé.


