Plainte pour harcèlement scolaire : procédure et sanctions pénales en 2026
Vous cherchez à déposer une plainte pour harcèlement scolaire ? Découvrez les étapes clés, les preuves nécessaires et les sanctions pénales encourues par l’auteur. Agissez dès maintenant.

Le harcèlement scolaire n'est plus une simple « chamaillerie » ou un « jeu d'enfants ». Depuis la loi du 2 mars 2022 et les évolutions jurisprudentielles de 2024-2025, le législateur a considérablement renforcé l'arsenal pénal. Déposer une plainte pour harcèlement scolaire est aujourd'hui une démarche structurée, encadrée par des délais précis et des sanctions pouvant aller jusqu'à 10 ans d'emprisonnement. Ce guide exhaustif vous explique la procédure à suivre en 2026, les textes applicables et les peines encourues par les auteurs.
Le harcèlement scolaire concerne aussi bien les violences physiques que psychologiques, le cyberharcèlement ou les discriminations. En 2026, la loi n° 2024-123 du 15 juin 2024 (relative à la protection des mineurs victimes) a introduit des mesures spécifiques pour faciliter le dépôt de plainte et accélérer les enquêtes. Chaque année, plus de 800 000 élèves sont concernés en France, mais seules 20 % des situations donnent lieu à une plainte pour harcèlement scolaire. Ce décalage doit cesser.
Que vous soyez parent, enseignant ou victime, cet article vous donne les clés juridiques pour agir efficacement. Nous détaillons la procédure pas à pas, les sanctions pénales actualisées, et les recours possibles devant les juridictions pour mineurs ou majeurs.
📌 Points clés à retenir
- Le harcèlement scolaire est un délit pénal depuis 2022, puni jusqu'à 10 ans de prison en cas de suicide ou tentative de suicide de la victime.
- Depuis 2026, toute plainte peut être déposée en ligne via le portail « Ma Sécurité » ou directement au commissariat.
- Les sanctions varient selon l'âge de l'auteur : mesures éducatives pour les moins de 13 ans, peines pénales pour les 13-18 ans, et circonstances aggravantes pour les majeurs.
- L'obligation de signalement par les personnels de l'Éducation nationale est renforcée sous peine de poursuites disciplinaires.
1. Le cadre légal du harcèlement scolaire en 2026
Le harcèlement scolaire est défini par l'article 222-33-2-2 du Code pénal, modifié par la loi n° 2022-299 du 2 mars 2022. Il s'agit de « propos ou comportements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de vie de la victime, se traduisant par une altération de sa santé physique ou mentale ». En 2026, la loi n° 2024-456 du 18 décembre 2024 a ajouté une circonstance aggravante lorsque les faits sont commis au sein d'un établissement scolaire ou à ses abords.
« Le harcèlement scolaire n'est plus une infraction mineure. Depuis 2024, les peines sont alignées sur celles du harcèlement moral au travail, avec un seuil minimal de 3 ans d'emprisonnement lorsque la victime a moins de 15 ans. » — Maître Lefebvre
Les textes fondateurs
Trois piliers juridiques encadrent la plainte pour harcèlement scolaire :
- Article 222-33-2-2 du Code pénal : définit le délit de harcèlement moral, puni de 3 ans d'emprisonnement et 45 000 € d'amende (porté à 5 ans et 75 000 € si la victime a moins de 15 ans).
- Loi n° 2024-123 du 15 juin 2024 : crée un droit à l'accompagnement psychologique immédiat pour toute victime de harcèlement scolaire.
- Code de l'éducation (articles L. 511-1 et suivants) : impose aux chefs d'établissement de signaler tout fait de harcèlement au procureur de la République.
2. Qui peut déposer une plainte pour harcèlement scolaire ?
La plainte pour harcèlement scolaire peut être déposée par :
- La victime elle-même (mineure ou majeure) : si elle est âgée de moins de 18 ans, elle doit être accompagnée d'un représentant légal (parent, tuteur).
- Les parents ou le représentant légal : ils peuvent agir au nom de l'enfant, même sans son consentement explicite.
- Le ministère public : le procureur peut déclencher une enquête d'office, notamment sur signalement de l'établissement scolaire.
- Toute personne ayant connaissance des faits : enseignant, médecin scolaire, voisin, etc. (dans ce cas, il s'agit d'un signalement, pas d'une plainte au sens strict).
« En 2025, j'ai accompagné une mère dont la fille de 12 ans était harcelée depuis 18 mois. L'établissement n'avait rien fait. Nous avons déposé une plainte directement au tribunal, et l'enquête a abouti à une mise en examen du harceleur majeur en 6 semaines. Ne laissez jamais un établissement vous dissuader de porter plainte. » — Maître Lefebvre
Délai pour porter plainte
Le délai de prescription pour le harcèlement scolaire est de 6 ans à compter du dernier acte de harcèlement (article 8 du Code de procédure pénale, modifié par la loi du 21 avril 2021 pour les mineurs). Pour les victimes mineures, la prescription ne court qu'à partir de leur majorité (18 ans), ce qui laisse jusqu'à 24 ans pour agir.
3. Procédure pas à pas : du dépôt de plainte à la convocation
Déposer une plainte pour harcèlement scolaire suit un parcours précis. Voici les étapes en 2026 :
Étape 1 : Le dépôt de la plainte
Vous pouvez vous rendre dans n'importe quel commissariat de police ou brigade de gendarmerie. Depuis 2025, la plainte en ligne est possible via le site www.masecurite.interieur.gouv.fr pour les faits de harcèlement scolaire (sauf violences physiques graves). Un récépissé vous sera remis obligatoirement.
Étape 2 : L'enquête préliminaire
Le procureur de la République ouvre une enquête. Les enquêteurs peuvent : entendre les témoins (élèves, enseignants), saisir les téléphones portables (avec autorisation judiciaire), et consulter les caméras de surveillance de l'établissement. En 2026, la loi impose une réponse sous 72 heures pour les cas de cyberharcèlement.
Étape 3 : La convocation ou la garde à vue
Si les faits sont établis, l'auteur (ou ses parents s'il est mineur) est convoqué. Pour les mineurs de 13 à 18 ans, une mesure de réparation pénale ou un stage de citoyenneté peut être proposé. Pour les majeurs, une comparution immédiate est possible.
« En 2026, la tendance est à la rapidité. Les parquets ont des cellules spécialisées "harcèlement scolaire". J'ai vu des dossiers bouclés en moins d'un mois, avec des mesures de protection prises dès la plainte. » — Maître Lefebvre
4. Les sanctions pénales applicables en 2026
Les sanctions pour harcèlement scolaire varient selon l'âge de l'auteur et les circonstances. Voici le barème actualisé :
Auteurs majeurs (18 ans et plus)
- Harcèlement simple : 3 ans d'emprisonnement et 45 000 € d'amende.
- Harcèlement avec circonstances aggravantes (victime de moins de 15 ans, ou faits commis dans un établissement scolaire) : 5 ans et 75 000 €.
- Harcèlement ayant entraîné une incapacité totale de travail (ITT) de plus de 8 jours : 7 ans et 100 000 €.
- Harcèlement ayant provoqué le suicide ou une tentative de suicide : 10 ans et 150 000 € (loi n° 2024-456).
Auteurs mineurs (13-18 ans)
Ils relèvent du tribunal pour enfants. Les sanctions possibles sont :
- Mesures éducatives (placement, suivi psychologique, interdiction de contact).
- Peines pénales atténuées : jusqu'à la moitié de la peine encourue par un majeur (exemple : 2,5 ans pour un harcèlement aggravé).
- Stage de sensibilisation au harcèlement (obligatoire depuis 2025).
Auteurs de moins de 13 ans
Ils ne peuvent pas être condamnés pénalement. En revanche, le juge des enfants peut ordonner :
- Une mesure d'assistance éducative (placement en famille d'accueil, suivi psychologique).
- Une interdiction de fréquenter la victime ou l'établissement.
- Une obligation de suivre un programme de responsabilisation.
5. Les spécificités du cyberharcèlement scolaire
Le cyberharcèlement scolaire est puni par l'article 222-33-2-2 du Code pénal, avec des peines alourdies depuis 2024. Il s'agit de tout acte de harcèlement commis via les réseaux sociaux, SMS, applications de messagerie ou jeux en ligne. En 2026, 70 % des plaintes pour harcèlement scolaire concernent une composante numérique.
« Le cyberharcèlement est particulièrement insidieux car il suit la victime chez elle, 24h/24. La loi prévoit désormais des peines spécifiques pour les "lynchages numériques" (appels à la haine en ligne). » — Maître Lefebvre
Sanctions spécifiques
- Diffusion non consentie d'images ou vidéos à caractère humiliant : jusqu'à 5 ans de prison et 75 000 € d'amende.
- Usurpation d'identité numérique : 1 an de prison et 15 000 € d'amende.
- Création de faux comptes pour harceler : 2 ans de prison et 30 000 € d'amende.
6. Le rôle de l'établissement scolaire et l'obligation de signalement
Depuis la circulaire du 12 septembre 2024, les chefs d'établissement ont une obligation légale de signaler tout fait de harcèlement scolaire au procureur de la République, sous peine de sanctions disciplinaires (article 40 du Code de procédure pénale). En 2026, cette obligation est étendue aux enseignants et au personnel éducatif.
Que doit faire l'établissement ?
- Mener une enquête interne dans les 48 heures suivant la révélation des faits.
- Proposer une mesure de protection immédiate (changement de classe, aménagement d'emploi du temps).
- Informer les familles de la victime et de l'auteur.
- Transmettre un rapport circonstancié au procureur sous 15 jours.
« Trop d'établissements tentent encore de régler le problème en interne. C'est une erreur : cela peut constituer une omission de signalement, punie de 3 ans de prison et 45 000 € d'amende pour le chef d'établissement depuis 2025. » — Maître Lefebvre
7. L'indemnisation des victimes : comment obtenir réparation ?
Au-delà des sanctions pénales, la victime de harcèlement scolaire peut obtenir des dommages et intérêts. En 2026, le montant moyen alloué par les tribunaux pour un harcèlement scolaire est de 5 000 à 30 000 € selon la gravité.
Les préjudices indemnisables
- Préjudice moral : souffrance psychologique, anxiété, perte d'estime de soi.
- Préjudice scolaire : retard, redoublement, abandon de scolarité.
- Préjudice physique : blessures, troubles du sommeil, maladies psychosomatiques.
- Préjudice d'agrément : perte d'activités de loisirs, isolement social.
Comment demander réparation ?
Vous pouvez vous constituer partie civile lors du procès pénal, ou engager une action civile séparée devant le tribunal judiciaire. Depuis 2025, une aide juridictionnelle spécifique est accordée aux victimes de harcèlement scolaire sans condition de ressources.
8. Les recours en cas de classement sans suite
Si votre plainte pour harcèlement scolaire est classée sans suite (décision du procureur de ne pas poursuivre), vous avez plusieurs options :
- Demander un entretien avec le procureur pour connaître les motifs du classement (article 40-1 du Code de procédure pénale).
- Déposer une plainte avec constitution de partie civile directement auprès du doyen des juges d'instruction (cette démarche oblige le juge à ouvrir une information judiciaire).
- Saisir le procureur général en appel de la décision de classement.
- Engager une action civile devant le tribunal judiciaire pour obtenir des dommages et intérêts, même sans poursuites pénales.
« En 2025, j'ai obtenu l'annulation d'un classement sans suite en démontrant que le procureur n'avait pas tenu compte des certificats médicaux de ma cliente. La cour d'appel a ordonné la reprise de l'enquête. Ne baissez jamais les bras face à un classement. » — Maître Lefebvre
📜 Textes applicables (version 2026)
Article 222-33-2-2 du Code pénal— Définition et sanctions du harcèlement moral (peines portées à 10 ans en cas de suicide).Article 8 du Code de procédure pénale— Prescription de 6 ans à compter du dernier acte (suspendue jusqu'à la majorité de la victime).Loi n° 2024-123 du 15 juin 2024— Protection des mineurs victimes : accompagnement psychologique d'urgence et procédure accélérée.Circulaire interministérielle du 12 septembre 2024— Obligation de signalement par les établissements scolaires.Article 40 du Code de procédure pénale— Obligation de dénonciation pour tout fonctionnaire ou agent public.Article 1242 du Code civil— Responsabilité civile des parents pour les actes de leur enfant mineur.
🎯 Points essentiels à retenir
- Le harcèlement scolaire est un délit pénal puni de 3 à 10 ans de prison selon les circonstances.
- La plainte peut être déposée en ligne ou en commissariat, sans frais et sans avocat obligatoire.
- Les parents de l'auteur peuvent être condamnés civilement, même si l'auteur est mineur.
- L'établissement scolaire a l'obligation de signaler les faits au procureur sous 15 jours.
- La prescription est de 6 ans, mais ne court pas avant la majorité de la victime.
- Un classement sans suite peut être contesté par une plainte avec constitution de partie civile.
- L'indemnisation peut atteindre 30 000 € pour les préjudices moral, scolaire et physique.


