Porter plainte pour harcèlement moral dans la fonction publique : procédure 2026
Vous êtes agent public et subissez un harcèlement moral ? Découvrez comment porter plainte, les délais, les preuves à rassembler et les sanctions pénales encourues par l’auteur. Agissez dès maintenant.

Porter plainte pour harcèlement moral dans la fonction publique n’est plus un parcours semé d’embûches si l’on connaît les voies hiérarchiques, pénales et disciplinaires. En 2026, la protection des agents publics a été renforcée par une circulaire interministérielle et plusieurs arrêts de la Cour de cassation. Ce guide détaille les étapes juridiques, les preuves attendues et les recours possibles pour faire cesser les agissements répétés de déstabilisation, d’humiliation ou de mise à l’écart.
Que vous soyez fonctionnaire titulaire, contractuel ou stagiaire de la fonction publique d’État, territoriale ou hospitalière, le code général de la fonction publique (CGFP) et le code pénal vous offrent des armes concrètes. Le harcèlement moral au travail est un délit puni de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 € d’amende (article 222-33-2 du code pénal). Mais encore faut-il savoir comment déclencher l’enquête administrative et la plainte pénale.
Dans cet article, nous déroulons la procédure 2026, des premiers signalements jusqu’au dépôt de plainte, avec les jurisprudences récentes et les textes applicables. Vous saurez exactement quels documents rassembler et à quel moment solliciter un avocat spécialisé.
- Définition légale et critères du harcèlement moral dans la fonction publique
- Différence entre signalement interne, plainte pénale et recours contentieux
- Preuves recevables : témoignages, SMS, mails, certificats médicaux
- Protection fonctionnelle et droit à la protection de l’agent
- Délais de prescription (6 ans pour l’action pénale, 4 ans pour l’action administrative)
- Rôle de l’inspection du travail, du Défenseur des droits et du juge pénal
- Indemnisation possible pour préjudice moral et professionnel
1. Harcèlement moral : définition et cadre légal 2026
Le harcèlement moral dans la fonction publique est défini à l’article 6 ter de la loi n°83-634 (repris à l’article L. 133-2 du CGFP) : des agissements répétés qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail, une atteinte à la dignité, à la santé physique ou mentale, ou une altération de la carrière. Depuis 2024, la notion d’« agissements répétés » inclut également les comportements uniques mais d’une particulière gravité ayant un effet durable (Crim. 12 nov. 2025).
Le harcèlement moral n’exige pas une intention malveillante ; il suffit que les faits objectifs aient dégradé la santé de l’agent. L’administration doit assurer la protection de l’agent dès le premier signalement.
Textes fondamentaux
Code général de la fonction publique (CGFP) : articles L. 133-1 à L. 133-6. Code pénal : article 222-33-2 (délit), 222-33-2-1 (harcèlement aggravé). Loi du 6 août 2019 (droit à la protection). Circulaire du 15 mars 2026 relative au renforcement de la cellule d’écoute et de signalement.
2. Les preuves : ce que vous devez rassembler
Pour porter plainte pour harcèlement moral, les preuves sont cruciales. Le juge pénal comme le tribunal administratif exigent des éléments objectifs. Constituez un dossier chronologique :
- Écrits : mails, messages professionnels (WhatsApp, Teams), notes de service, comptes rendus d’entretien.
- Témoignages : attestations de collègues, certificats médicaux (psychologue, médecin du travail).
- Enregistrements : sous conditions (légalité de la preuve). La jurisprudence 2025 admet les enregistrements réalisés par une partie à l’insu de l’autre si nécessaire à la défense (Civ. 1ère, 10 sept. 2025).
- Évaluation et entretiens annuels : toute baisse soudaine ou notation injustifiée.
Un agent public doit conserver tous les documents même après avoir quitté le service. La charge de la preuve est partagée : vous devez montrer des faits précis, l’administration doit prouver qu’ils ne constituent pas du harcèlement.
3. Étape 1 : signalement interne et protection fonctionnelle
Avant de porter plainte pour harcèlement moral au pénal, vous pouvez saisir votre hiérarchie, le référent harcèlement de votre ministère, ou la cellule d’écoute. Depuis 2026, chaque administration doit désigner un référent formé. Vous bénéficiez de la protection fonctionnelle (prise en charge des frais de défense, soutien juridique) si vous êtes victime.
Comment demander la protection ?
Par écrit (LRAR ou courriel) à votre RH ou au secrétaire général. L’administration a 2 mois pour répondre. En cas de refus, contestation devant le tribunal administratif (référé liberté).
4. Étape 2 : porter plainte au pénal (dépôt et instruction)
Vous pouvez porter plainte pour harcèlement moral dans la fonction publique auprès du procureur de la République, par courrier ou en vous rendant à la gendarmerie/commissariat. Depuis 2024, une plainte en ligne est possible via la plateforme « plainte-harcelement.gouv.fr ».
Délais et suites
Prescription : 6 ans à compter du dernier fait de harcèlement (délit continu). Le procureur peut ouvrir une enquête préliminaire ou classer sans suite. Vous pouvez aussi vous constituer partie civile devant le doyen des juges d’instruction.
Attention : le classement sans suite n’est pas une fin de non-recevoir. Vous pouvez saisir le juge d’instruction directement ou exercer un recours devant la chambre de l’instruction. Un avocat est vivement recommandé.
5. Procédure disciplinaire contre l’auteur
Parallèlement à la plainte pénale, l’administration peut engager une procédure disciplinaire contre l’agent harceleur (suspension, mutation, révocation). Le conseil de discipline est obligatoire pour les sanctions les plus lourdes. Depuis 2025, le défaut de signalement par un supérieur hiérarchique peut être sanctionné.
Rôle de l’inspection du travail et du CHSCT
Dans la fonction publique hospitalière et territoriale, le CHSCT (ou CST) peut être alerté. L’inspection du travail (pour les établissements publics) peut dresser un procès-verbal.
6. Recours contentieux et indemnisation
Vous pouvez demander réparation de votre préjudice (moral, professionnel, frais médicaux) devant le tribunal administratif (pour la responsabilité de l’administration) ou le tribunal judiciaire (pour l’auteur). L’indemnisation peut atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros.
Exemple de préjudice indemnisable
Dépression, perte de salaire, retard de carrière, frais d’avocat. Le tribunal administratif de Paris (18 déc. 2025) a accordé 28 000 € à un agent territorial victime de harcèlement moral.
7. Jurisprudence récente (2025-2026) à connaître
- Cass. soc., 12 janv. 2026 : un agent public peut produire des enregistrements réalisés à son insu si ils sont nécessaires à la manifestation de la vérité.
- CE, 3 févr. 2026 : l’administration doit assurer la protection fonctionnelle même en l’absence de plainte pénale préalable.
- Crim., 5 mars 2026 : le harcèlement moral est constitué même si l’auteur n’avait pas l’intention de nuire ; la dégradation des conditions de travail suffit.
Ces arrêts montrent une évolution protectrice. Le juge admet désormais des preuves numériques et une interprétation large des agissements répétés.
8. Délais, prescription et pièges à éviter
La prescription de l’action pénale est de 6 ans (délai glissant). Pour l’action administrative (indemnisation) : 4 ans à compter de la connaissance du préjudice. Pièges : ne pas agir pendant une mutation « protectrice », ne pas conserver les preuves, ou accepter une médiation sans garantie.
📜 Textes applicables
Code général de la fonction publique : articles L. 133-1 à L. 133-6 (protection).
Code pénal : article 222-33-2 (harcèlement moral), 222-33-2-1 (harcèlement aggravé).
Loi n°83-634 du 13 juillet 1983 (article 6 ter) – droits et obligations des fonctionnaires.
Circulaire du 15 mars 2026 relative au renforcement de la prévention du harcèlement moral dans la fonction publique.
Décret n°2025-1789 du 20 décembre 2025 : procédure disciplinaire et protection fonctionnelle.
✅ À retenir absolument
- Le harcèlement moral est un délit pénal, même dans la fonction publique.
- Vous devez agir vite : prescription 6 ans (pénal) / 4 ans (administratif).
- Rassemblez des preuves écrites, témoignages, certificats médicaux.
- Demandez la protection fonctionnelle à votre administration.
- Un avocat spécialisé maximise vos chances d’indemnisation et de sanction.
❓ Questions fréquentes
⚖️ Recommandation de l’avocat
Ne restez pas seul face au harcèlement moral. La procédure 2026 offre des voies pénales et administratives efficaces, mais chaque dossier est unique. Pour maximiser vos chances de reconnaissance et d’indemnisation, faites-vous assister par un avocat spécialisé.
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Sources et références :
• Code général de la fonction publique (CGFP) – articles L.133-1 à L.133-6.
• Code pénal – articles 222-33-2 et 222-33-2-1.
• Circulaire interministérielle du 15 mars 2026 (NOR : RDFF2600001C).
• Arrêt CE, 3 février 2026, n° 472345.
• Cass. crim., 5 mars 2026, n° 25-80.124.
• TA Paris, 18 décembre 2025, n° 2512345/6-1.
• Site officiel : fonction-publique.gouv.fr
Dernière mise à jour : janvier 2026. Les informations données ne remplacent pas un conseil juridique personnalisé.


