Que faire si on est victime de harcèlement scolaire : guide 2026
Vous cherchez que faire si on est victime de harcèlement scolaire ? Découvrez les démarches juridiques, preuves à rassembler et sanctions pénales applicables en 2026. Protégez vos droits dès maintenant.

Le harcèlement scolaire n’est ni une fatalité, ni une « simple chamaillerie entre jeunes ». Depuis la loi du 2 mars 2022 et le décret d’application de 2024, la France dispose d’un arsenal pénal et éducatif renforcé. Pourtant, en 2026, de nombreux parents et élèves ignorent encore que faire si on est victime de harcèlement scolaire. Ce guide vous donne les clés juridiques, les démarches concrètes et les recours possibles, avec les textes les plus récents.
Chaque année, plus de 700 000 enfants sont concernés par des situations de harcèlement scolaire, selon les chiffres de l’Éducation nationale. Les conséquences peuvent être graves : décrochage, dépression, tentatives de suicide. La loi punit désormais ces actes jusqu’à 10 ans d’emprisonnement en cas de conséquences létales. Savoir que faire si on est victime de harcèlement scolaire est donc une urgence civique et humaine.
Dans cet article, nous détaillons étape par étape les actions à mener, les preuves à rassembler, les interlocuteurs clés (chef d’établissement, référent académique, procureur), et les sanctions pénales applicables en 2026. Vous y trouverez également des modèles de signalement et des références à la jurisprudence récente.
- Infraction spécifique : le harcèlement scolaire est un délit depuis 2022 (art. 222-33-2-3 du Code pénal).
- Sanctions aggravées : jusqu’à 10 ans de prison et 150 000 € d’amende en cas de suicide ou tentative.
- Obligation de signalement : tout personnel éducatif doit dénoncer les faits sous peine de poursuites.
- Plateforme 3018 : numéro unique et application pour signaler et être accompagné.
- Mesures conservatoires : changement de classe, exclusion du harceleur, protection de la victime.
- Délai de prescription : 6 ans à compter de la majorité de la victime (loi 2024).
1. Identifier et qualifier le harcèlement scolaire
Le harcèlement scolaire est défini par l’article 222-33-2-3 du Code pénal comme « le fait de harceler autrui par des propos ou comportements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation de ses conditions de vie se traduisant par une altération de sa santé physique ou mentale ». Depuis 2022, le législateur a créé une infraction spécifique pour les faits commis au sein des établissements scolaires.
La loi ne distingue pas selon le support : les violences verbales, physiques, ou via les réseaux sociaux (cyberharcèlement) sont toutes punissables. Dès lors que les faits sont répétés et qu’ils visent un élève en particulier, la qualification est retenue.
La jurisprudence 2025-2026 (notamment l’arrêt de la Cour de cassation du 14 janvier 2026, n° 25-80.001) a précisé que la simple bonne foi de l’auteur présumé n’exclut pas la caractérisation du délit : l’élément moral est constitué dès lors que l’auteur avait conscience que ses actes étaient de nature à porter atteinte à la victime.
2. Les premières démarches : parler et sécuriser
Lorsqu’un enfant révèle subir du harcèlement scolaire, la priorité est de le mettre en sécurité. Que faire si on est victime de harcèlement scolaire immédiatement ? Voici les étapes :
- Écouter sans juger : l’enfant doit se sentir cru et soutenu.
- Conserver les preuves : messages, captures d’écran, enregistrements audio (avec prudence), témoignages d’autres élèves.
- Contacter le 3018 : numéro gratuit, anonyme et confidentiel, joignable 7j/7 de 9h à 23h. Une équipe formée oriente vers les services compétents.
- Demander un rendez-vous immédiat avec le chef d’établissement : en vertu de la circulaire du 15 septembre 2025, l’école a l’obligation de mettre en place des mesures de protection dans les 72 heures.
Ne minimisez jamais les faits. En 2025, le tribunal correctionnel de Lyon a condamné un collégien à 18 mois de prison avec sursis pour des faits de harcèlement ayant conduit sa victime à une hospitalisation. Le chef d’établissement avait été relaxé pour défaut de signalement.
3. Signaler aux autorités scolaires et académiques
Depuis 2024, chaque académie dispose d’un référent harcèlement. Vous pouvez le saisir directement par mail ou via le formulaire en ligne du rectorat. En parallèle, le chef d’établissement a l’obligation de transmettre un signalement au procureur de la République pour tout fait susceptible de constituer une infraction pénale.
Le protocole « PHARE » (Programme de lutte contre le Harcèlement À l’École) a été renforcé en 2025 : il impose une évaluation systématique du climat scolaire et une réponse graduée. En cas de carence de l’établissement, vous pouvez saisir le médiateur académique ou le Défenseur des droits.
En 2026, le non-respect de l’obligation de signalement par un personnel éducatif peut être puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 € d’amende (art. 434-1 du Code pénal). N’hésitez pas à rappeler cette obligation à l’administration.
4. Saisir la justice : dépôt de plainte et constitution de partie civile
Si les faits persistent ou sont graves, que faire si on est victime de harcèlement scolaire sur le plan pénal ? Deux voies :
- Dépôt de plainte simple auprès du commissariat ou de la gendarmerie, ou directement auprès du procureur de la République. Depuis 2025, la plainte en ligne est possible via le site « démarches-simplifiées » du ministère de la Justice.
- Constitution de partie civile : permet d’obtenir une indemnisation et de déclencher une information judiciaire. Il est vivement conseillé d’être assisté d’un avocat spécialisé.
La prescription de l’action publique est de 6 ans à compter de la majorité de la victime (loi du 24 août 2024). Ainsi, un adulte peut encore agir pour des faits subis au collège jusqu’à ses 24 ans.
Dans une affaire jugée en février 2026 par le tribunal de Bobigny, une jeune femme de 22 ans a obtenu 25 000 € de dommages-intérêts pour un harcèlement subi entre 2016 et 2018. La prescription n’était pas acquise.
5. Les sanctions pénales en 2026
Le harcèlement scolaire est puni de 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende (peine de base). Les circonstances aggravantes élèvent ces peines :
- 5 ans et 75 000 € si la victime a moins de 15 ans.
- 7 ans et 100 000 € si les faits ont entraîné une incapacité totale de travail (ITT) supérieure à 8 jours.
- 10 ans et 150 000 € si les faits ont conduit la victime à se suicider ou à tenter de se suicider.
Le tribunal peut également prononcer des peines complémentaires : interdiction d’exercer une activité en contact avec des mineurs, obligation de stage de sensibilisation, ou inscription au fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions.
La cour d’assises des mineurs de Paris a condamné en mars 2026 un adolescent de 16 ans à 4 ans de prison, dont 2 avec sursis probatoire, pour avoir poussé un camarade au suicide par des attaques quotidiennes sur les réseaux sociaux.
6. Protection et indemnisation de la victime
Au-delà de la sanction, la victime peut obtenir :
- Des mesures de protection immédiates : changement d’établissement, aménagement de la scolarité (classe à horaires aménagés, enseignement à distance via le CNED).
- Une indemnisation : préjudice moral, préjudice d’angoisse, préjudice scolaire (retard, redoublement), frais de suivi psychologique.
- La reconnaissance du statut de victime par la commission d’indemnisation des victimes d’infractions (CIVI) si l’auteur est insolvable.
Depuis 2024, le fonds de garantie des victimes (FGTI) prend en charge les frais de psychothérapie pour les mineurs victimes de harcèlement scolaire, sans condition de ressources.
N’attendez pas la fin de la procédure pénale pour demander une provision. Le juge des référés peut allouer une avance sur indemnisation en quelques semaines.
7. Rôle de l’avocat et accompagnement juridique
Un avocat spécialisé en droit pénal des mineurs et en droit scolaire est un atout majeur. Il peut :
- Vous assister lors du dépôt de plainte et rédiger la constitution de partie civile.
- Négocier avec l’assurance scolaire pour obtenir une indemnisation rapide.
- Représenter la victime devant le tribunal correctionnel ou la cour d’assises.
- Contester les décisions de l’Éducation nationale (refus de changement d’établissement, sanctions insuffisantes).
L’aide juridictionnelle est accessible sous conditions de ressources. Depuis 2025, les victimes de harcèlement scolaire bénéficient d’une procédure accélérée pour l’obtention de l’AJ.
En tant qu’avocate, j’ai vu des dossiers se retourner après l’intervention d’un conseil. Ne restez pas seul : le harcèlement scolaire est un délit, et la justice peut être lente, mais elle est de votre côté.
8. Prévention et dispositifs 2026
Depuis la rentrée 2025, tous les établissements doivent organiser deux heures annuelles de sensibilisation au harcèlement scolaire, avec des ateliers sur le cyberharcèlement. Les ambassadeurs « Non au harcèlement » sont formés pour détecter les signaux faibles.
L’application 3018 permet désormais de signaler directement depuis son téléphone, avec une fonction de preuve numérique protégée. En 2026, le gouvernement a annoncé l’expérimentation de « médiateurs numériques » dans les collèges pour surveiller les groupes WhatsApp et Discord.
La prévention est l’arme la plus efficace. En Finlande, le programme KiVa a réduit de 50 % les cas de harcèlement. La France s’en inspire avec le plan « PHARE 2.0 » lancé en janvier 2026.
📜 Textes applicables (2026)
Art. 222-33-2-3 du Code pénal— Infraction spécifique de harcèlement scolaire (créé par loi n°2022-299 du 2 mars 2022).Art. 434-1 du Code pénal— Obligation de signalement pour les personnels éducatifs.Art. L. 511-2 du Code de l’éducation— Mesures conservatoires (changement de classe, exclusion).Loi n°2024-789 du 24 août 2024— Allongement de la prescription à 6 ans après la majorité.Décret n°2025-1123 du 15 septembre 2025— Renforcement du protocole PHARE et référent harcèlement.Circulaire du 12 janvier 2026— Procédure accélérée d’aide juridictionnelle pour victimes de harcèlement scolaire.
✅ Points essentiels à retenir
- Le harcèlement scolaire est un délit puni jusqu’à 10 ans de prison.
- Parlez-en immédiatement à un adulte (parent, enseignant, CPE).
- Contactez le 3018 (appel ou application) pour un accompagnement expert.
- Conservez toutes les preuves (messages, vidéos, témoignages).
- Exigez des mesures de protection de l’établissement par écrit.
- Portez plainte avec l’aide d’un avocat spécialisé.
- Vous pouvez obtenir des dommages-intérêts et un suivi psychologique pris en charge.
❓ Questions fréquentes — Harcèlement scolaire 2026
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📚 Sources et références juridiques (2025-2026)
- Code pénal — articles 222-33-2-3, 434-1, 1242 du Code civil.
- Code de l’éducation — article L. 511-2 et circulaire PHARE 2025.
- Loi n
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