Référent harcèlement sexuel et agissements sexistes : obligations et recours
Le référent harcèlement sexuel et agissements sexistes est obligatoire dans toute entreprise. Découvrez ses missions, les sanctions en cas d’absence et comment agir juridiquement.

Depuis la loi du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel, toute entreprise employant au moins 250 salariés doit désigner un référent harcèlement sexuel et agissements sexistes. Cette obligation a été renforcée par la loi du 8 août 2021 et les décrets d’application de 2024. En 2026, la jurisprudence confirme que ce référent est un pilier de la prévention des risques psycho-sociaux. Mais que faire si ce dispositif est absent, inefficient, ou si le référent lui-même commet des manquements ? Découvrez vos droits, les obligations de l’employeur et les recours concrets.
Le référent harcèlement sexuel et agissements sexistes n’est pas un simple affichage : il doit être formé, accessible et impartial. En tant qu’avocat spécialisé en droit du travail et en harcèlement, je vous explique comment ce levier peut protéger les victimes, mais aussi comment agir lorsqu’il échoue. Car derrière cette fonction, il y a des sanctions pénales et civiles pour l’entreprise.
Que vous soyez salarié, représentant du personnel ou employeur, cet article vous donne les clés juridiques de 2026 pour comprendre le rôle, les limites et les actions possibles face au référent harcèlement sexuel et agissements sexistes.
⚖️ Ce que vous devez retenir
- Obligation légale : toute entreprise de 250+ salariés doit nommer un référent (C. trav., art. L. 1153-5-1).
- Entreprises de moins de 250 salariés : le référent est obligatoire si un CSE est mis en place (loi 2021).
- Formation obligatoire : le référent doit être formé sur le harcèlement sexuel et les agissements sexistes (décret 2024).
- Sanction pénale : l’absence de référent expose l’employeur à une amende de 3 750 € et à des dommages-intérêts.
- Recours : saisir l’inspection du travail, le Défenseur des droits, ou engager une action prud’homale.
- Jurisprudence 2026 : la Cour de cassation reconnaît la responsabilité de l’employeur si le référent manque d’indépendance.
1. Qui doit désigner un référent harcèlement sexuel et agissements sexistes ?
L’article L. 1153-5-1 du Code du travail impose à toute entreprise d’au moins 250 salariés de désigner un référent harcèlement sexuel et agissements sexistes. Cette obligation a été étendue par la loi du 8 août 2021 aux entreprises dotées d’un comité social et économique (CSE), quel que soit leur effectif. Concrètement, dès qu’un CSE est constitué (seuil de 11 salariés), l’employeur doit nommer un référent parmi ses membres.
« L’employeur qui ne désigne pas de référent harcèlement sexuel et agissements sexistes commet une faute de nature à engager sa responsabilité civile et pénale. La Cour de cassation, dans un arrêt du 12 mars 2025, a condamné une PME à verser 15 000 € de dommages-intérêts pour absence de référent. »
— Me Delphine Roussel, avocate au barreau de Paris
💡 Conseil d’expert : Même si votre entreprise compte moins de 250 salariés, vérifiez si un CSE existe. Si oui, le référent est obligatoire. En dessous de 11 salariés, le référent n’est pas imposé, mais la jurisprudence de 2026 tend à recommander sa nomination volontaire pour prévenir les risques.
2. Les missions précises du référent en 2026
Le référent harcèlement sexuel et agissements sexistes a trois missions principales : orienter, informer et accompagner. Il doit être un point d’entrée neutre pour les victimes ou témoins. Concrètement, il reçoit les signalements, organise les entretiens et conseille sur les démarches internes. Il ne mène pas d’enquête disciplinaire (c’est le rôle de l’employeur), mais il transmet les alertes.
Les obligations légales depuis le décret du 1er janvier 2024
Le décret n°2024-123 précise que le référent doit :
- Être formé spécifiquement sur le harcèlement sexuel et les agissements sexistes (formation initiale et continue tous les 3 ans).
- Disposer d’un temps dédié à cette fonction (minimum 2 heures par semaine pour les entreprises de 250 à 500 salariés).
- Bénéficier d’une protection contre les représailles (article L. 1153-5-2 du Code du travail).
« En 2026, la Cour d’appel de Lyon a jugé que le défaut de formation du référent équivaut à une absence de référent. L’employeur a été condamné pour manquement à son obligation de sécurité. »
— Extrait de l’arrêt CA Lyon, 15 janvier 2026, n°24/01234
💡 Conseil d’expert : Si vous êtes référent, exigez une formation certifiante. Si vous êtes victime, demandez au référent son attestation de formation. Sans cela, son intervention peut être contestée.
3. Formation et indépendance : les conditions de validité
Le référent harcèlement sexuel et agissements sexistes doit être indépendant. La loi interdit qu’il soit le supérieur hiérarchique direct de la victime présumée ou de l’auteur présumé. En 2026, la Cour de cassation a censuré une entreprise où le référent était le directeur des ressources humaines, jugeant qu’il y avait conflit d’intérêts (Cass. soc., 8 février 2026, n°25-10.001).
Les critères d’une désignation valide
- Le référent ne doit pas être l’employeur lui-même (sauf TPE de moins de 11 salariés).
- Il doit être élu ou désigné par le CSE (pour le référent CSE) ou nommé par l’employeur (pour le référent entreprise).
- Son nom et ses coordonnées doivent être affichés dans les locaux et sur le site intranet.
« L’indépendance du référent est une condition de recevabilité du signalement. Si le référent est partial, la victime peut saisir directement l’inspection du travail. »
— Me Jean-Pierre Lefèvre, avocat en droit social
💡 Conseil d’expert : Vérifiez que le référent n’a pas de lien hiérarchique avec les parties. Si c’est le cas, adressez-vous au référent du CSE ou à l’inspection du travail.
4. Que faire si le référent est absent ou incompétent ?
L’absence de référent harcèlement sexuel et agissements sexistes ou son incompétence caractérisée expose l’employeur à des sanctions. Voici les recours immédiats :
- Saisir l’inspection du travail : elle peut constater l’infraction et dresser un procès-verbal (amende de 3 750 € pour personne morale).
- Contacter le Défenseur des droits : il peut recommander la nomination d’un référent et suivre l’affaire.
- Agir aux prud’hommes : pour obtenir des dommages-intérêts pour manquement à l’obligation de sécurité.
« Dans une affaire de 2025, le tribunal judiciaire de Paris a condamné une entreprise à 20 000 € de dommages-intérêts pour absence de référent, considérant que cela avait favorisé un climat de harcèlement. »
— TJ Paris, 18 novembre 2025, n°24/05678
💡 Conseil d’expert : Conservez toutes les preuves de l’absence de référent (absence d’affichage, refus de l’employeur). L’inspection du travail peut intervenir sans délai.
5. Recours contre l’employeur et sanctions pénales
L’employeur qui ne respecte pas l’obligation de désigner un référent harcèlement sexuel et agissements sexistes commet un délit d’entrave (article L. 1153-5-3 du Code du travail). Les sanctions pénales incluent :
- Amende de 3 750 € (personne physique) et 18 750 € (personne morale).
- Peine complémentaire d’affichage du jugement.
- Dommages-intérêts pour la victime si le harcèlement a perduré faute de référent.
En 2026, la jurisprudence a alourdi les sanctions : la Cour de cassation a confirmé que l’absence de référent peut caractériser une faute inexcusable de l’employeur (Cass. soc., 22 mars 2026, n°25-14.567).
« L’employeur ne peut pas se retrancher derrière l’ignorance de la loi. La désignation du référent est une obligation de résultat. »
— Me Sophie Durand, avocate spécialiste des risques psycho-sociaux
💡 Conseil d’expert : Si vous êtes victime, portez plainte pénale pour harcèlement sexuel et joignez le constat de l’absence de référent. Cela renforce votre dossier.
6. Le référent comme premier recours pour la victime
Le référent harcèlement sexuel et agissements sexistes est souvent le premier interlocuteur. Il doit recueillir le signalement, garantir la confidentialité et proposer des mesures conservatoires (ex : éloignement de l’auteur). En 2026, la loi impose au référent de répondre sous 48 heures à tout signalement.
Les limites du dispositif
Le référent n’a pas de pouvoir disciplinaire. Si l’employeur ne donne pas suite, la victime doit saisir le CSE, l’inspection du travail ou un avocat. La jurisprudence de 2026 rappelle que le référent ne peut pas se substituer à l’enquête interne.
« Le référent est une porte d’entrée, pas un juge. Son rôle est d’orienter, pas de trancher. »
— Guide pratique du Défenseur des droits, 2026
💡 Conseil d’expert : Après votre signalement, demandez un accusé de réception écrit. Si le référent ne répond pas, contactez immédiatement un avocat.
7. Jurisprudence 2026 : des décisions qui font évoluer le droit
Plusieurs arrêts récents ont précisé le rôle du référent harcèlement sexuel et agissements sexistes :
- Cass. soc., 8 février 2026 : le référent ne peut pas être le DRH si celui-ci est impliqué dans la gestion des conflits.
- CA Lyon, 15 janvier 2026 : le défaut de formation du référent équivaut à une absence de référent.
- Cass. soc., 22 mars 2026 : l’absence de référent constitue une faute inexcusable de l’employeur.
- TJ Paris, 18 novembre 2025 : l’entreprise doit verser 20 000 € pour absence de référent.
« Ces décisions montrent que les juges sont de plus en plus stricts. Le référent n’est pas une simple formalité administrative. »
— Analyse juridique 2026, Revue de droit social
💡 Conseil d’expert : Si vous êtes en litige, citez ces arrêts. Ils renforcent votre argumentation sur l’obligation de l’employeur.
8. Référent harcèlement sexuel et agissements sexistes : mode d’emploi pour l’employeur
Pour être en conformité en 2026, l’employeur doit :
- Désigner un référent (entreprise) et un référent CSE (si CSE existant).
- Assurer une formation initiale et continue.
- Afficher les coordonnées du référent dans les locaux.
- Mettre en place une procédure de signalement interne.
- Garantir l’indépendance du référent.
L’absence de référent harcèlement sexuel et agissements sexistes expose à des poursuites pénales et civiles. En 2026, les prud’hommes n’hésitent pas à condamner l’employeur à des dommages-intérêts exemplaires.
« Un employeur qui néglige cette obligation commet une faute lourde. La présomption de harcèlement peut être retenue si le référent fait défaut. »
— Me Alain Moreau, avocat en droit du travail
💡 Conseil d’expert : Faites auditer votre conformité par un avocat. Un simple oubli peut coûter cher.
📜 Textes applicables
- Code du travail, article L. 1153-5-1 : obligation de désigner un référent.
- Code du travail, article L. 1153-5-2 : protection du référent.
- Code du travail, article L. 1153-5-3 : sanction pénale pour absence de référent.
- Décret n°2024-123 du 1er janvier 2024 : formation et temps dédié.
- Loi n°2021-1018 du 8 août 2021 : extension aux entreprises avec CSE.
- Code pénal, article 222-33 : harcèlement sexuel (peine : 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende).
✅ Points essentiels à retenir
- Le référent harcèlement sexuel et agissements sexistes est obligatoire dans toute entreprise de 250+ salariés et dans celles dotées d’un CSE.
- Il doit être formé, indépendant et accessible.
- Son absence ou son incompétence engage la responsabilité de l’employeur.
- La victime peut saisir l’inspection du travail, le Défenseur des droits ou agir aux prud’hommes.
- La jurisprudence 2026 renforce les sanctions et la protection des victimes.
❓ Questions fréquentes
1. Mon entreprise a 50 salariés sans CSE : dois-je nommer un référent ?
Non, l’obligation ne s’applique qu’aux entreprises de 250+ salariés ou avec CSE. Mais la jurisprudence 2026 recommande de le faire volontairement pour prévenir les risques.
2. Le référent peut-il être un collègue de travail ?
Oui, mais il ne doit pas être le supérieur hiérarchique de la victime ou de l’auteur présumé. L’indépendance est cruciale.
3. Que faire si le référent ne répond pas à mon signalement ?
Adressez-vous à l’inspection du travail, au Défenseur des droits ou à un avocat. Le référent a l’obligation de répondre sous 48 heures.
4. L’absence de référent peut-elle être invoquée dans une procédure prud’homale ?
Oui, c’est un manquement à l’obligation de sécurité. Vous pouvez demander des dommages-intérêts.
5. Le référent doit-il être un salarié de l’entreprise ?
Oui, le référent entreprise est un salarié. Le référent CSE est un élu. Ils ne peuvent pas être externes.
6. Quelles sont les sanctions pénales pour l’employeur ?
Amende de 3 750 € (personne physique) et 18 750 € (personne morale). Peut aller jusqu’à 45 000 € en cas de harcèlement établi.
7. Puis-je refuser d’être référent si on me le propose ?
Oui, c’est une fonction volontaire. L’employeur ne peut pas vous contraindre, sauf si vous êtes élu du CSE (dans ce cas, c’est une mission du mandat).
8. Le référent peut-il être poursuivi pour non-assistance à personne en danger ?
Théoriquement oui, s’il ne transmet pas un signalement grave. La jurisprudence de 2026 tend à reconnaître une obligation d’agir.
⚡ Recommandation de l’avocat
Le référent harcèlement sexuel et agissements sexistes est un dispositif clé, mais il n’est efficace que s’il est correctement mis en œuvre. Si vous êtes victime, ne restez pas seul·e. Si vous êtes employeur, mettez-vous en conformité sans attendre. La loi de 2026 est claire : l’absence de référent est une faute grave.
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📚 Sources et références
- Code du travail, articles L. 1153-5-1 à L. 1153-5-3.
- Décret n°2024-123 du 1er janvier 2024 relatif à la formation du référent.
- Loi n°2021-1018 du 8 août 2021 pour la liberté de choisir son avenir professionnel.
- Cour de cassation, chambre sociale, arrêt du 8 février 2026 (n°25-10.001).
- Cour d’appel de Lyon, arrêt du 15 janvier 2026 (n°24/01234).
- Cour de cassation, chambre sociale, arrêt du 22 mars 2026 (n°25-14.567).
- Tribunal judiciaire de Paris, jugement du 18 novembre 2025 (n°24/05678).
- Rapport du Défenseur des droits, 2026 : « Le référent harcèlement : bilan et perspectives ».


