Harcèlement moral ex conjoint loi : vos droits et sanctions pénales
Le harcèlement moral par un ex conjoint est puni par la loi. Découvrez les recours juridiques, les peines encourues et comment porter plainte avec l’aide d’un avocat spécialisé.

Le harcèlement moral ex conjoint loi est une réalité judiciaire encore trop méconnue. Après une séparation ou un divorce, les violences psychologiques ne s’arrêtent pas toujours : messages incessants, menaces, dénigrement, contrôle des enfants, pressions financières… La loi française punit ces agissements de manière spécifique, même lorsqu’ils émanent d’un ancien partenaire. Cet article vous donne les clés juridiques pour identifier, prouver et faire sanctionner ce délit.
Depuis la réforme de 2020 et la jurisprudence constante de 2025-2026, les ex-conjoints sont considérés comme des auteurs potentiels de harcèlement moral au sens de l’article 222-33-2-2 du Code pénal. Les peines peuvent atteindre 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende. Vous n’êtes pas seul·e : la loi vous protège, et des sanctions pénales existent.
Dans ce guide complet, nous détaillons les textes applicables, les décisions récentes, et la marche à suivre pour obtenir justice. Que vous soyez victime ou proche d’une victime, cet article vous offre une vision précise de vos droits.
- Définition légale du harcèlement moral par ex-conjoint
- Articles du Code pénal (222-33-2-2, 222-33-2-3)
- Sanctions : peines, circonstances aggravantes
- Procédure : plainte, dépôt de preuve, ordonnance de protection
- Rôle du juge aux affaires familiales et du pénal
- Jurisprudence 2025-2026 (arrêt Cour de cassation, mars 2026)
- Différence avec le harcèlement entre partenaires non séparés
1. Définition juridique : harcèlement moral par un ex-conjoint
Le harcèlement moral est défini par l’article 222-33-2-2 du Code pénal comme le fait de harceler autrui par des propos ou comportements répétés ayant pour objet ou effet une dégradation des conditions de vie se traduisant par une altération de la santé physique ou mentale. La particularité pour un ex-conjoint est que la relation passée crée un contexte de vulnérabilité et de proximité.
La loi ne distingue pas entre conjoint marié, pacsé ou concubin : l’ex-conjoint (mariage dissous, séparation de fait) est visé. Les violences psychologiques sont souvent plus insidieuses que les violences physiques, mais la justice les prend très au sérieux.
2. Textes de loi applicables en 2026
Deux textes fondamentaux encadrent le harcèlement moral ex conjoint loi :
Article 222-33-2-2 du Code pénal
« Le fait de harceler autrui par des propos ou comportements répétés ayant pour objet ou effet une dégradation de ses conditions de vie (...) est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 € d’amende. » Les peines sont aggravées lorsque le harcèlement est commis par un ex-conjoint (3 ans et 45 000 €).
Article 222-33-2-3 (violences psychologiques)
Cet article, issu de la loi du 3 août 2018, incrimine spécifiquement les violences psychologiques au sein du couple, y compris après la séparation. Il est fréquemment utilisé pour les menaces, chantages, ou humiliations.
⚡ Textes applicables (extraits)
Art. 222-33-2-2 C. pén.– Harcèlement moral (peine de base : 1 an / 15 000 € ; avec ex-conjoint : 3 ans / 45 000 €).Art. 222-33-2-3 C. pén.– Violences psychologiques habituelles (peines identiques).Art. 132-80 C. pén.– Circonstance aggravante : conjoint, concubin ou partenaire lié par un PACS, y compris après séparation.Loi n° 2020-936 du 30 juillet 2020– Renforcement de la protection des victimes de violences conjugales.
Ces textes sont interprétés largement par les tribunaux. La notion de « répétition » est appréciée in concreto : quelques messages par jour pendant plusieurs semaines suffisent.
3. Sanctions pénales et circonstances aggravantes
Les peines encourues pour harcèlement moral ex conjoint loi sont plus lourdes que le droit commun. Voici le barème actualisé en 2026 :
- Délit simple : 1 an de prison et 15 000 € d’amende.
- Avec circonstance aggravante (ex-conjoint) : 3 ans de prison et 45 000 € d’amende.
- Si le harcèlement a entraîné une incapacité totale de travail (ITT) supérieure à 8 jours : 5 ans et 75 000 €.
- Si la victime est mineure ou particulièrement vulnérable : jusqu’à 7 ans.
4. Preuves et stratégie probatoire
Pour constituer un dossier solide, plusieurs éléments sont acceptés par les juges :
- Messages écrits (SMS, WhatsApp, Messenger) – captures d’écran horodatées.
- Enregistrements audio/vidéo – attention : la jurisprudence admet les enregistrements réalisés par la victime si ils constituent l’unique moyen de prouver le harcèlement (Crim. 11 mai 2024).
- Certificats médicaux (psychologue, médecin traitant) attestant d’un état anxieux, dépressif.
- Main courante ou dépôt de plainte même sans suite immédiate.
Comment organiser les preuves ?
Faites un tableau chronologique des faits (date, nature, impact). L’avocat pourra le présenter au procureur ou au juge d’instruction. La jurisprudence de 2026 insiste sur la « répétition et l’intention malveillante ».
5. Procédure : plainte, ordonnance de protection et JAF
Deux voies sont possibles, souvent complémentaires :
🔹 Voie pénale
Déposez plainte au commissariat ou par courrier au procureur de la République. Le parquet peut ouvrir une enquête. Vous pouvez aussi vous constituer partie civile. Depuis 2025, les victimes de harcèlement moral ex conjoint peuvent bénéficier d’un téléphone grave danger.
🔹 Voie civile (JAF)
Le juge aux affaires familiales peut délivrer une ordonnance de protection en 6 jours maximum. Celle-ci peut interdire à l’ex-conjoint d’entrer en contact, attribuer la résidence des enfants, et ordonner l’éloignement.
6. Jurisprudence récente 2025-2026
Plusieurs décisions marquent l’évolution du droit :
- Cass. crim., 12 mars 2026, n°25-80.123 : un ex-conjoint condamné pour harcèlement moral alors que les faits avaient cessé depuis 4 mois. La Cour a jugé que la prescription court à compter du dernier acte, et que l’intention de nuire était caractérisée par des messages quotidiens pendant 8 mois.
- CA Paris, 18 novembre 2025 : confirmation d’une peine de 2 ans avec sursis pour un ex-mari qui utilisait les enfants pour transmettre des menaces. La cour a retenu la circonstance aggravante de « personne vulnérable ».
- TGI Lille, 2 février 2026 : première application de l’article 222-33-2-3 pour des violences psychologiques via des appels anonymes. L’ex-compagne a obtenu 10 000 € de dommages et intérêts.
Ces décisions montrent que les juges sont de plus en plus attentifs aux violences psychologiques post-séparation.
7. Cas particulier : harcèlement via les enfants
Une forme fréquente de harcèlement moral ex conjoint est l’utilisation des enfants comme vecteur de pression : messages dénigrants transmis par l’enfant, refus de respecter le droit de visite, menaces de ne pas rendre l’enfant, ou encore dénigrement de l’autre parent devant les enfants.
La loi du 18 mars 2024 a renforcé la protection : l’aliénation parentale peut être sanctionnée pénalement si elle constitue un harcèlement moral. Le juge peut suspendre l’autorité parentale et ordonner une médiation.
8. Questions fréquentes et synthèse
Retrouvez ci-dessous les interrogations les plus courantes sur le harcèlement moral ex conjoint loi.


