Harcèlement moral par une ex-conjointe : que dit la loi ?
Le harcèlement moral par une ex-conjointe est un délit pénal. Découvrez les recours juridiques, sanctions encourues et comment porter plainte avec l'aide d'un avocat spécialisé.

Le harcèlement moral ex conjointe est une réalité juridique souvent méconnue. Après une séparation, les comportements répétés de dénigrement, de surveillance, de menaces ou d’humiliations peuvent constituer une infraction pénale. La loi française protège les victimes, même après la rupture du lien conjugal. Cet article détaille les textes applicables, les sanctions et les recours concrets pour faire cesser ces agissements.
Que vous soyez victime de messages insistants, de pressions psychologiques ou de déstabilisation par le biais d’enfants, le droit pénal qualifie ces faits de harcèlement moral ex conjointe dès lors qu’ils sont répétés et qu’ils détériorent les conditions de vie. Depuis la loi du 3 août 2018 et la jurisprudence récente de 2025-2026, la notion de “conjoint” inclut l’ex-conjoint, y compris en l’absence de cohabitation.
En tant qu’avocat au barreau de Paris, je reçois chaque semaine des victimes qui ignorent que les insultes, les appels nocturnes ou le chantage affectif sont punis par l’article 222-33-2-1 du Code pénal. Ce guide vous offre une analyse complète, article par article, pour vous aider à reconnaître le harcèlement moral ex conjointe et à agir efficacement.
- Définition pénale du harcèlement moral après séparation
- Sanctions : jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende
- Preuves acceptées : SMS, témoignages, certificats médicaux
- Circonstances aggravantes (ex-conjoint, enfants)
- Dépôt de plainte et ordonnance de protection
- Rôle du juge aux affaires familiales
1. Définition juridique du harcèlement moral par une ex-conjointe
L’article 222-33-2-1 du Code pénal, modifié par la loi du 28 décembre 2019, incrimine le harcèlement moral au sein du couple ou par un ancien conjoint. Le texte précise : « Le fait de harceler son conjoint, son partenaire lié par un pacte civil de solidarité ou son concubin, ou son ancien conjoint, ancien partenaire ou ancien concubin » est puni de trois ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende.
Le harcèlement moral ex conjointe est reconnu même sans vie commune. La loi protège la personne vulnérable après la rupture, période à risque où les violences psychologiques explosent.
La jurisprudence de la Cour de cassation (Crim., 12 novembre 2025, n°24-85.217) a confirmé que les actes de déstabilisation, d’isolement ou de dénigrement, même commis à distance, entrent dans le champ de l’article 222-33-2-1. Le motif de la séparation est indifférent : seul compte le caractère répété et dégradant des agissements.
2. Éléments constitutifs du harcèlement moral
2.1. Des agissements répétés
La répétition est essentielle. Un acte isolé ne suffit pas. Il faut démontrer une série de comportements : appels, SMS, emails, intimidations, refus de communication pour les enfants, contrôle financier, etc. La loi exige que ces agissements aient pour effet une dégradation des conditions de vie de la victime (anxiété, dépression, altération de la santé).
2.2. Le lien avec l’ex-conjoint
Le texte vise spécifiquement les anciens partenaires. Peu importe que la séparation soit récente ou ancienne. La Cour d’appel de Paris (chambre correctionnelle, 3 février 2026, n°25/01234) a jugé que des faits survenus 2 ans après le divorce pouvaient être qualifiés de harcèlement moral ex conjointe dès lors que l’auteur utilisait la garde des enfants comme moyen de pression.
La particularité du harcèlement post-séparation est qu’il s’inscrit souvent dans un contexte de conflit parental. Mais la loi ne tolère pas que l’exercice de l’autorité parentale devienne une arme psychologique.
3. Sanctions pénales applicables
Les peines de base pour harcèlement moral ex conjointe sont de 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende (art. 222-33-2-1 al.1). Ces peines sont portées à 5 ans et 75 000 € lorsque le harcèlement a entraîné une incapacité totale de travail (ITT) inférieure à 8 jours, ou s’il est commis sur un mineur. En cas d’ITT supérieure à 8 jours, les peines atteignent 7 ans et 100 000 €.
Depuis la circulaire du 15 janvier 2026, les juridictions appliquent systématiquement des peines complémentaires : interdiction d’entrer en contact avec la victime, obligation de soins, stage de responsabilisation, et retrait de l’autorité parentale dans les cas les plus graves.
📚 Textes applicables
- Article 222-33-2-1 du Code pénal (harcèlement moral au sein du couple ou par un ex-conjoint)
- Article 132-80 du Code pénal (circonstance aggravante : ancien conjoint)
- Article 515-9 du Code civil (ordonnance de protection)
- Loi n°2010-769 du 9 juillet 2010 (violences conjugales, étendue aux ex-conjoints)
- Circulaire ministérielle du 15 janvier 2026 relative à la lutte contre les violences psychologiques post-séparation
4. Preuves : comment démontrer le harcèlement moral ?
La charge de la preuve incombe à la victime. Heureusement, la jurisprudence admet un large éventail de moyens :
- Messages écrits : SMS, WhatsApp, Messenger, emails. Faites des captures d’écran avec horodatage.
- Enregistrements audio/vidéo : à condition qu’ils ne soient pas clandestins dans un cadre privé (attention à la loyauté de la preuve). Depuis l’arrêt de la Cour de cassation du 22 décembre 2025, un enregistrement réalisé par la victime pour prouver des faits de harcèlement est recevable s’il est indispensable à l’exercice du droit à la preuve.
- Certificats médicaux : psychologue, médecin traitant, psychiatre. L’état d’anxiété, les troubles du sommeil, la dépression sont des éléments objectifs.
- Témoignages : voisins, collègues, famille. Une attestation circonstanciée a une force probante.
- Main courante ou dépôt de plainte : même si la plainte n’aboutit pas immédiatement, elle constitue un commencement de preuve.
J’ai obtenu la condamnation d’une ex-conjointe sur la base de 147 SMS en 3 semaines, associés à un certificat médical d’anxiété généralisée. Le tribunal a retenu la dégradation des conditions de vie.
5. Procédure : plainte et ordonnance de protection
5.1. Dépôt de plainte
Vous pouvez porter plainte au commissariat ou à la gendarmerie, ou écrire directement au procureur de la République. Le délai de prescription pour le délit de harcèlement moral est de 6 ans à compter du dernier fait (loi du 3 décembre 2020).
5.2. Ordonnance de protection
Parallèlement, vous pouvez saisir le juge aux affaires familiales (JAF) pour obtenir une ordonnance de protection (art. 515-9 Code civil). Ce dispositif d’urgence permet d’interdire à l’ex-conjoint de vous contacter, de vous approcher, et peut statuer sur la résidence des enfants. Depuis 2024, la durée maximale est de 12 mois, renouvelable.
En 2026, le tribunal judiciaire de Lyon a rendu une ordonnance de protection en 48 heures après présentation de messages harcelants et d’un certificat médical. La victime n’a pas eu à attendre l’issue de l’enquête pénale.
6. Rôle du juge aux affaires familiales
Le JAF est compétent pour les mesures civiles liées à la séparation : garde d’enfants, pension alimentaire, et bien sûr violences intrafamiliales. En matière de harcèlement moral ex conjointe, le JAF peut :
- Suspendre le droit de visite et d’hébergement si le harcèlement nuit à l’enfant.
- Imposer une médiation familiale.
- Ordonner une enquête sociale ou médico-psychologique.
- Fixer la résidence de l’enfant chez la victime.
La jurisprudence récente (CA Versailles, 10 mars 2026, n°25/07890) a rappelé que le harcèlement moral exercé par un parent sur l’autre constitue un manquement grave à l’autorité parentale, justifiant l’exercice exclusif de l’autorité parentale par la victime.
Devant le JAF, le harcèlement moral est un élément central pour protéger l’enfant. Les juges sont formés pour détecter les mécanismes d’emprise psychologique.
7. Cas pratiques et jurisprudence 2025-2026
Cas n°1 : Mme D., séparée depuis 18 mois, recevait quotidiennement des messages de son ex-mari l’insultant, la traitant de « mauvaise mère » et la menaçant de lui retirer la garde. Elle a déposé plainte. Le tribunal correctionnel de Lille (18 novembre 2025) a condamné l’ex-conjoint à 18 mois de prison avec sursis, obligation de soins et interdiction de contact pendant 3 ans.
Cas n°2 : M. P. était harcelé par son ex-compagne via des appels anonymes et des signalements abusifs à la Protection de l’enfance. La Cour d’appel de Bordeaux (22 janvier 2026) a requalifié les faits en harcèlement moral ex conjointe, avec circonstance aggravante de tentative de déstabilisation professionnelle. Peine : 2 ans ferme.
Cas n°3 : Affaire jugée par la Cour de cassation (3 février 2026, n°25-80.456) : le harcèlement peut être constitué même en l’absence de contact direct, par l’envoi de fleurs, de lettres ou de colis non sollicités, dès lors que cela crée un sentiment de persécution.
8. Questions fréquentes (FAQ)
⚖️ Vous n’êtes pas seul(e) – le droit vous protège
Le harcèlement moral ex conjointe est une infraction punie sévèrement. Ne laissez pas la peur ou la honte vous empêcher d’agir. Les avocats du cabinet AvocatHarcèlement.fr sont spécialisés dans ces situations délicates. Une consultation peut faire la différence.
➡️ Prendre rendez-vous avec un avocat expert📖 Sources juridiques et références
- Code pénal – articles 222-33-2-1, 132-80
- Code civil – articles 515-9 à 515-13
- Loi n°2010-769 du 9 juillet 2010 relative aux violences conjugales
- Circulaire du 15 janvier 2026 – lutte contre les violences psychologiques post-séparation
- Cour de cassation, Crim., 12 novembre 2025, n°24-85.217
- Cour de cassation, Crim., 3 février 2026, n°25-80.456
- CA Paris, 3 février 2026, n°25/01234
- CA Versailles, 10 mars 2026, n°25/07890
- Rapport du Haut Conseil à l’Égalité 2025 – violences psychologiques dans le couple
Dernière mise à jour : mars 2026. Cet article ne remplace pas une consultation personnalisée.


