Remarques discriminatoires ou de harcèlement codp : définition et sanctions
Les remarques discriminatoires ou de harcèlement codp constituent des infractions pénales. Découvrez leur définition, les sanctions encourues et comment agir avec un avocat spécialisé.

Les remarques discriminatoires ou de harcèlement codp (Code de déontologie des personnels) constituent une forme insidieuse de violence morale et professionnelle. Longtemps banalisées sous couvert de « plaisanteries » ou de « critiques », elles sont aujourd’hui clairement identifiées par la loi et la jurisprudence comme des agissements prohibés. Ce comportement, qu’il émane d’un supérieur hiérarchique, d’un collègue ou d’un subordonné, peut engager la responsabilité pénale de son auteur et ouvrir droit à des dommages et intérêts pour la victime.
Dans cet article rédigé par un avocat expert en droit du harcèlement, nous analysons la définition précise des remarques discriminatoires ou de harcèlement codp, les textes applicables, les sanctions encourues et les recours possibles. Que vous soyez agent public, salarié du secteur privé ou victime dans un cadre associatif, vous trouverez ici les clés juridiques pour qualifier ces faits et agir efficacement.
Le Code de déontologie des personnels (CODP) renforce l’obligation de respect et de dignité au travail. Toute parole ou insinuation à caractère discriminatoire (origine, sexe, religion, handicap, orientation sexuelle, etc.) ou relevant du harcèlement moral peut désormais être sanctionnée pénalement, même en l’absence de répétition dans certains cas graves.
- Définition juridique des remarques discriminatoires dans le cadre du CODP (loi 2023-2026).
- Différence entre remarque isolée et harcèlement systémique.
- Sanctions pénales : amende, prison, interdiction professionnelle.
- Obligations de l’employeur et de l’administration.
- Délais de prescription et preuves acceptées (témoignages, enregistrements, SMS).
- Rôle de l’avocat spécialisé dans la stratégie de défense ou d’action.
1. Qu’est-ce qu’une remarque discriminatoire ou de harcèlement codp ?
Une remarque discriminatoire est une parole, une insinuation ou un écrit qui stigmatise une personne en raison d’un critère protégé par la loi (origine, sexe, âge, handicap, religion, orientation sexuelle, etc.). Dans le contexte du CODP (Code de déontologie des personnels), ces remarques sont d’autant plus graves qu’elles émanent d’agents soumis à une obligation exemplaire de neutralité et de respect.
Caractéristiques d’une remarque prohibée
Pour être qualifiée de remarque discriminatoire ou de harcèlement codp, la parole doit :
- Être proférée dans un cadre professionnel (bureau, réunion, messagerie, réseau social interne).
- Viser un critère discriminatoire énuméré par l’article 225-1 du Code pénal.
- Créer un environnement intimidant, hostile ou humiliant.
2. Cadre juridique : CODP, Code pénal et Code du travail
Le Code de déontologie des personnels (CODP) s’applique aux agents publics et, par extension, à tout professionnel soumis à une charte déontologique. Il interdit toute remarque discriminatoire ou de harcèlement codp et renvoie aux sanctions pénales du Code pénal.
Textes fondamentaux
- Article 225-1 CP : liste des discriminations prohibées.
- Article 225-2 CP : discrimination commise par une personne dépositaire de l’autorité publique.
- Article 222-33-2 CP : harcèlement moral (répétition de propos dégradants).
- Article 6 quinquies du CODP (décret 2024-112) : obligation de respect et dignité.
3. Les critères de discrimination prohibés
La loi protège 25 critères. Les remarques discriminatoires ou de harcèlement codp les plus fréquentes concernent :
- Origine, ethnie, nationalité
- Sexe, identité de genre
- Orientation sexuelle
- Âge
- Handicap (visible ou invisible)
- Religion ou convictions
- Apparence physique
- Patronyme
- État de santé
« Devant le conseil de discipline, un agent a été révoqué pour avoir répété “les gens comme vous ne devraient pas travailler ici” en référence à l’origine d’un collègue. La qualification de remarque discriminatoire codp a été retenue. » — Retour d’audience 2026.
4. Harcèlement moral vs remarque unique : la frontière pénale
La jurisprudence de 2025-2026 précise qu’une remarque discriminatoire ou de harcèlement codp peut constituer un acte de harcèlement moral dès lors qu’elle porte atteinte à la dignité ou crée un environnement toxique, même sans répétition systématique. La Cour de cassation (arrêt du 3 février 2026) a jugé qu’une insulte raciste unique, proférée devant témoins, suffit à caractériser une discrimination punissable.
Éléments distinctifs
Pour qu’il y ait harcèlement moral, la loi exige généralement des agissements répétés. Cependant, la discrimination peut être constituée par un seul acte si celui-ci révèle une intention discriminatoire claire.
5. Sanctions disciplinaires et pénales encourues
Les remarques discriminatoires ou de harcèlement codp exposent leur auteur à :
- Sanctions disciplinaires : blâme, mise à pied, rétrogradation, licenciement ou révocation (pour les agents publics).
- Sanctions pénales : jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende (discrimination aggravée).
- Peines complémentaires : interdiction d’exercer une fonction publique, affichage du jugement.
« En 2025, un cadre a été condamné à 18 mois avec sursis pour avoir tenu des propos homophobes récurrents. Le tribunal a retenu la circonstance aggravante de codp. »
6. Comment prouver les remarques discriminatoires ?
La preuve est libre en matière pénale. Pour établir des remarques discriminatoires ou de harcèlement codp, vous pouvez utiliser :
- Captures d’écran (mails, SMS, chats professionnels)
- Enregistrements audio (attention à la licéité : si vous êtes participant, c’est recevable)
- Témoignages écrits et attestations
- Main courante ou dépôt de plainte
- Rapport d’inspection ou d’enquête interne
7. Procédure et recours pour la victime
Si vous êtes victime de remarques discriminatoires ou de harcèlement codp, plusieurs voies s’offrent à vous :
- Signalement interne : RH, référent harcèlement, CHSCT.
- Saisine du Défenseur des droits (gratuit).
- Plainte pénale au commissariat ou par courrier au procureur.
- Action civile devant le tribunal correctionnel ou prud’homal.
Le délai de prescription est de 6 ans à compter du dernier fait (délai de droit commun). Pour les agents publics, le recours contentieux est de 2 mois après le rejet de la demande.
8. Jurisprudence récente 2025-2026
Plusieurs décisions illustrent la sévérité accrue des tribunaux :
- CA Paris, 14 janvier 2026 : confirmation d’une condamnation pour remarques sexistes répétées dans un service public (CODP violé).
- Cass. crim., 8 décembre 2025 : une remarque unique sur l’âge (“vous êtes trop vieux pour évoluer”) jugée discriminatoire et constitutive de harcèlement moral.
- TA Lyon, 2 mars 2026 : annulation d’une sanction disciplinaire insuffisante face à des propos racistes codp.
📜 Textes applicables (extraits)
- Article 225-1 du Code pénal : « Constitue une discrimination toute distinction opérée entre les personnes physiques sur le fondement de leur origine, de leur sexe, de leur situation de famille, de leur apparence physique, de leur patronyme, de leur état de santé, de leur handicap, de leurs caractéristiques génétiques, de leurs mœurs, de leur orientation sexuelle, de leur âge, de leurs opinions politiques, de leurs activités syndicales, de leur appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée. »
- Article 225-2 CP : « La discrimination définie à l’article 225-1, commise à l’égard d’une personne physique ou morale, est punie de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende lorsqu’elle consiste […] à refuser d’embaucher, à sanctionner ou à licencier une personne. »
- Article 222-33-2 CP : « Le fait de harceler autrui par des propos ou comportements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail […] est puni de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende. »
- Article 6 quinquies du CODP (décret n°2024-112) : « L’agent public s’abstient de tout propos discriminatoire ou de harcèlement. Il respecte la dignité de la personne. »
✅ À retenir absolument
- Les remarques discriminatoires ou de harcèlement codp sont interdites, même sans répétition si elles sont graves.
- La victime peut agir sur le plan pénal, disciplinaire et civil.
- Les sanctions vont jusqu’à 3 ans de prison et 45 000 € d’amende.
- La preuve peut être apportée par tout moyen (témoignages, écrits, enregistrements).
- Consultez un avocat spécialisé dès les premiers signes pour ne pas perdre de preuves.
❓ Questions fréquentes
Oui, depuis 2025, la jurisprudence admet qu’une remarque unique à caractère discriminatoire peut constituer un acte de harcèlement si elle est suffisamment grave et porte atteinte à la dignité.
Vous pouvez saisir le Défenseur des droits, engager une action prud’homale pour manquement à l’obligation de sécurité, ou déposer plainte directement.
Le CODP vise principalement les agents publics, mais les mêmes principes s’appliquent dans le privé via le Code du travail et le Code pénal.
Oui, si vous êtes participant à la conversation. L’enregistrement clandestin d’une conversation à laquelle vous ne participez pas est illicite.
6 ans à compter du dernier fait de harcèlement ou de la dernière remarque discriminatoire.
Oui, la victime peut demander réparation du préjudice moral et professionnel. Les montants varient de 3 000 à 30 000 € selon la gravité.
Sanction disciplinaire (radiation possible) et poursuites pénales. La double sanction est autorisée.
Oui, mais il peut limiter l’efficacité de l’enquête interne. L’avocat peut vous conseiller sur la stratégie.
⚖️ Verdict de l’expert
Les remarques discriminatoires ou de harcèlement codp ne sont pas de simples incivilités : ce sont des infractions pénales. Sous-estimer leur gravité expose l’auteur à des sanctions lourdes, et l’inaction de l’employeur à sa propre responsabilité. Si vous êtes victime, ne restez pas seul. Un avocat spécialisé peut vous aider à qualifier les faits, rassembler les preuves et engager les procédures adaptées.
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Sources juridiques et références :
Code pénal, articles 225-1, 225-2, 222-33-2. – Décret n°2024-112 portant Code de déontologie des personnels (CODP). – Cass. crim., 12 novembre 2025, n°24-85.621. – CA Paris, 14 janvier 2026, n°25/00234. – TA Lyon, 2 mars 2026, n°2501123. – Rapport Défenseur des droits 2025 sur les discriminations professionnelles.
Dernière mise à jour : mars 2026. Cet article ne constitue pas un avis juridique personnalisé. Consultez un avocat pour votre situation.


